Poêle à bois moderne allumé dans un salon français, chauffage économique visible
Publié le 7 février 2026

Votre facture de gaz a doublé en trois ans. Celle d’électricité grimpe chaque semestre. Et vous vous demandez si le moment n’est pas venu de changer de système. Je vais vous montrer, chiffres à l’appui, pourquoi le poêle à bois reste aujourd’hui la solution de chauffage la plus économique pour un propriétaire de maison. Pas de promesse miracle. Des calculs réels, des coûts souvent oubliés, et un filtre honnête pour savoir si cette solution vous convient vraiment.

L’économie du bois en 4 chiffres clés :

  • Prix du kWh bois bûche : environ 4,5 centimes (vs 20 centimes pour l’électricité)
  • Économie annuelle typique : 800 à 1 200 € pour une maison de 100 m²
  • Coût entretien annuel : 120 à 240 € (ramonage obligatoire x2)
  • Amortissement moyen : 4 à 6 ans selon usage et aides obtenues

Le bois bûche : l’énergie la moins chère au kWh en 2025

Quand je parle d’économies de chauffage avec des propriétaires, la première question revient toujours : « C’est vraiment moins cher que le gaz ? » La réponse courte : oui, et pas qu’un peu. Selon l’étude prix bois Effy 2025 reprenant les données de l’ADEME, les bûches de bois reviennent à 0,044 € TTC par kWh. Pour mettre ce chiffre en perspective, l’électricité tourne autour de 0,20 €/kWh. Le gaz naturel se situe à 0,10-0,12 €/kWh. On parle d’un facteur 3 à 5 en votre faveur si vous chauffez au bois.

Bois, gaz, électricité : le match des coûts 2025
Énergie Prix kWh TTC Coût annuel 100 m² Entretien/an
Bois bûche 0,044 € 550-750 € 120-240 €
Granulés bois 0,07 € 900-1 100 € 150-200 €
Gaz naturel 0,10-0,12 € 1 400-1 800 € 100-150 €
Électricité 0,20 € 2 500-3 200 € ~0 €

Ce qui saute aux yeux dans ce récapitulatif, c’est l’écart massif sur le coût annuel. Pour une maison de 100 m² moyennement isolée, vous passez de plus de 2 500 € en électricité à moins de 800 € en bois bûche. Franchement, c’est là que le débat s’arrête pour beaucoup de propriétaires. Si vous cherchez d’autres techniques pour des économies d’énergie, le chauffage reste le poste où les gains sont les plus spectaculaires.

Un stère de bois sec coûte entre 70 et 120 € selon les régions



Attention au piège classique du prix au kWh seul. Ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire. La vraie question : combien ça coûte sur 10 ans, tout compris ? C’est là que la plupart des comparatifs en ligne vous laissent tomber.

Ce que les comparatifs oublient : le coût réel sur 10 ans

Soyons clairs : un poêle à bois de qualité coûte entre 2 500 et 5 000 € posé. C’est un investissement. Mais ce que personne ne vous dit, c’est que le vrai calcul intègre bien plus que le prix d’achat. Ramonage obligatoire, stockage du bois, temps de manutention, remplacement éventuel de pièces. Voici comment je calcule le coût total de possession avec les propriétaires que j’accompagne.

Formule du coût réel sur 10 ans :

Achat + installation (3 500 € en moyenne) + entretien annuel (180 € × 10 ans) + combustible annuel (700 € × 10 ans) = environ 12 300 € sur 10 ans, soit 1 230 €/an tout compris.

Comparé au gaz (16 000-20 000 € sur 10 ans) ou à l’électricité (25 000-32 000 €), l’écart reste massif même en comptant tous les postes.

L’entretien n’est pas optionnel. Comme le précise le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, le ramonage des conduits de fumée doit être effectué au moins tous les 12 mois. Dans la plupart des départements, les arrêtés locaux imposent deux ramonages par an, dont un en période de chauffe. Sans attestation de ramonage, votre assurance peut refuser d’indemniser en cas de sinistre.

Ce que je calcule toujours avec mes clients : Comptez 90 € par ramonage en moyenne, soit 180 €/an. Selon les tarifs ramonage poêle 2025, les prix varient de 60 à 120 € TTC selon votre région et l’accessibilité du conduit. Cette dépense est incompressible, mais elle vous fait aussi économiser du bois : un conduit propre améliore le rendement d’environ 20 %.

Le ramonage annuel coûte 60 à 120 € et optimise le rendement du poêle



Dans les installations que j’ai pu observer, l’écart entre le rendement nominal (affiché par le fabricant, souvent 80-85 %) et le rendement réel en conditions d’utilisation atteint souvent 20 à 30 %. Ce constat concerne principalement les maisons individuelles et peut varier selon la qualité de l’installation et l’isolation du logement. Traduction concrète : si vous avez prévu 5 stères pour l’hiver, prévoyez-en 6 ou 7 la première année, le temps de maîtriser votre appareil.

Pour qui le poêle à bois est vraiment rentable (et pour qui non)

Ce que les guides d’achat ne vous diront jamais : le poêle à bois n’est pas fait pour tout le monde. Et c’est normal. Voici un filtre rapide pour savoir si cette solution vous correspond vraiment.

Le poêle à bois est-il adapté à votre situation ?

  • Vous avez une maison individuelle de moins de 150 m² :
    Situation idéale. Un poêle de 8-12 kW peut chauffer l’essentiel de votre surface si le logement est ouvert et correctement isolé. Feu vert.
  • Vous disposez d’un espace de stockage (garage, abri) :
    Indispensable. Comptez 6 à 10 stères par hiver, soit 6 à 10 m³ de bois sec à stocker. Sans espace couvert, le bois humide fait chuter le rendement. Feu vert si espace disponible.
  • Vous acceptez 15-20 minutes de manutention quotidienne :
    Recharger le poêle, vider les cendres, rentrer le bois. Si vous partez tôt et rentrez tard, le poêle sera éteint à votre retour. Feu orange : réfléchissez à votre mode de vie.
  • Vous vivez en appartement ou copropriété :
    Très compliqué. Conduit collectif souvent incompatible, stockage impossible, risque de refus du syndic. Feu rouge dans 90 % des cas.
Le confort thermique du poêle à bois séduit les propriétaires de maisons individuelles



Cas concret : Laurent et Marie, propriétaires dans le Rhône

J’ai accompagné ce couple de quadragénaires en 2023. Leur maison de 120 m² était chauffée au fioul, avec une facture annuelle de 2 800 €. Ils hésitaient entre une pompe à chaleur (devis à 14 000 €) et un poêle à bois (4 500 € posé). Leur choix : installer le poêle comme chauffage principal et conserver la chaudière en appoint pour les absences prolongées.

Résultat après un an : facture totale descendue à 1 700 € (bois + fioul d’appoint). Économies réelles : 1 100 €/an. Amortissement prévu du poêle : 4 ans. Ce qui les a surpris ? Le temps de manutention, qu’ils avaient sous-estimé. Mais au final, ils ne reviendraient pas en arrière.

Cas où le poêle à bois n’est pas rentable : Si votre maison est une passoire thermique (DPE F ou G), l’essentiel de la chaleur partira par les murs et le toit. Vous brûlerez 12-15 stères par hiver au lieu de 6-7. Dans ce cas, isolez d’abord, chauffez ensuite. Les enjeux de l’efficacité énergétique passent avant le choix du combustible.

Vos questions sur les économies du chauffage au bois

Le prix du bois va-t-il finir par augmenter autant que le gaz ?

Le bois a augmenté de 3 % en 2024, contre des hausses à deux chiffres pour le gaz et l’électricité les années précédentes. La filière bois-énergie française est locale et moins exposée aux tensions géopolitiques. Aucune garantie pour l’avenir, mais historiquement, le bois reste l’énergie la plus stable.

Un poêle peut-il chauffer toute ma maison ?

Oui, si votre maison fait moins de 120 m², que l’espace est relativement ouvert et que l’isolation est correcte. Au-delà, ou avec beaucoup de cloisonnements, vous aurez besoin d’un chauffage d’appoint pour les pièces éloignées. Le poêle n’est pas un système centralisé.

C’est vraiment contraignant au quotidien ?

Comptez 15-20 minutes par jour en hiver : allumer, recharger 2-3 fois, vider les cendres une fois par semaine. Si vous aimez le rituel du feu, c’est un plaisir. Si vous cherchez du « tout automatique », le poêle à granulés ou une autre solution sera plus adaptée.

Quelles aides financières puis-je obtenir ?

Selon les montants MaPrimeRénov Flamme Verte 2025, l’aide maximale atteint 1 250 € pour les ménages aux revenus très modestes. Conditions : logement de plus de 15 ans, installation par un professionnel RGE, appareil labellisé Flamme Verte 7 étoiles minimum. Des aides locales peuvent s’y ajouter selon votre région.

En combien de temps j’amortis mon investissement ?

Entre 4 et 6 ans en moyenne, selon votre consommation actuelle et les aides obtenues. Plus votre facture actuelle est élevée (gaz, électricité), plus l’amortissement est rapide. Sur la durée de vie d’un poêle (15-20 ans), le gain cumulé peut dépasser 15 000 €.

Prochaine étape pour vous : Faites le calcul avec vos propres chiffres. Prenez votre facture annuelle de chauffage actuelle, estimez 6-8 stères à 90 € en moyenne, ajoutez 180 € d’entretien, et comparez. Si l’économie dépasse 800 €/an et que vous remplissez les critères du filtre ci-dessus, le poêle à bois mérite sérieusement votre attention. Sinon, explorez d’abord l’isolation ou les alternatives automatisées.

Rédigé par Camille Lefèvre, rédactrice spécialisée en rénovation énergétique et équipements de chauffage depuis 2018. Elle accompagne régulièrement des propriétaires dans leurs choix d'installation, avec un focus particulier sur les solutions bois bûches et granulés. Basée en Auvergne-Rhône-Alpes, elle a suivi plus de 80 projets d'installation de poêles et inserts, et intervient ponctuellement auprès de réseaux d'installateurs RGE sur les aspects économiques du chauffage au bois.