Unité extérieure pompe à chaleur air/eau installée contre maison française
Publié le 7 février 2026

Votre facture de gaz ou de fioul a encore augmenté cette année ? Vous n’êtes pas seul. Je reçois régulièrement des propriétaires qui cherchent une solution concrète pour reprendre le contrôle sur leur budget chauffage. La pompe à chaleur air/eau revient systématiquement dans les discussions, souvent accompagnée de promesses alléchantes. Soyons clairs : les économies sont réelles, mais elles dépendent de facteurs que personne ne prend le temps de vous expliquer.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en rénovation énergétique personnalisé. Les économies réelles dépendent de nombreux facteurs propres à votre logement. Consultez un professionnel RGE pour une évaluation adaptée à votre situation.

Le principe qui explique les économies : transformer 1 kWh en 4

Quand un client me demande comment une PAC peut coûter moins cher qu’un radiateur électrique, j’utilise toujours la même image : pensez à un réfrigérateur, mais inversé. Au lieu de prendre la chaleur à l’intérieur pour la rejeter dehors, la PAC capte les calories présentes dans l’air extérieur — même quand il fait froid — et les transfère dans votre circuit de chauffage.

Le réglage initial conditionne les performances réelles de l’équipement



Le coefficient de performance (COP) mesure ce ratio. Un COP de 3 signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, la PAC restitue 3 kWh de chaleur. En conditions réelles, selon une analyse UFC-Que Choisir d’octobre 2025, les COP saisonniers mesurés atteignent en moyenne 2,9 pour les PAC air/eau. Ça reste impressionnant comparé à un radiateur électrique qui affiche un ratio de 1 pour 1.

2,9

COP saisonnier moyen mesuré sur PAC air/eau (UFC-Que Choisir 2025)

Franchement, les fabricants annoncent souvent des COP de 4 ou 5. Ces chiffres existent, mais ils correspondent à des conditions de laboratoire. Sur le terrain, d’après l’étude ADEME publiée en 2025, les mesures oscillent entre 1,8 et plus de 4 selon la qualité de l’installation. L’écart est énorme, et il explique pourquoi certains propriétaires sont déçus tandis que d’autres divisent leur facture par trois. Pour approfondir les bénéfices globaux de cette technologie, consultez notre guide sur les avantages de la pompe à chaleur pour votre chauffage.

Combien économiser vraiment ? Les chiffres selon votre situation

L’ADEME affirme qu’une PAC air/eau bien dimensionnée peut diviser par deux, voire par trois, votre facture de chauffage. Mais ce chiffre global masque des réalités très différentes selon ce que vous remplacez.

Le récapitulatif ci-dessous compare les économies moyennes constatées selon votre système actuel. Ces fourchettes proviennent de retours terrain et d’études sectorielles — elles donnent un ordre de grandeur, pas une promesse garantie.

Économies réelles selon votre ancien chauffage
Système remplacé Facture annuelle avant Facture après PAC Économie estimée Amortissement
Chaudière fioul 2 500 – 3 200 € 900 – 1 200 € 50 – 65 % 6 – 10 ans
Chaudière gaz 1 800 – 2 400 € 800 – 1 100 € 40 – 55 % 8 – 12 ans
Radiateurs électriques 2 200 – 3 000 € 700 – 1 000 € 60 – 70 % 7 – 11 ans
Le confort thermique reste constant avec une PAC correctement dimensionnée



Exemple concret : passage du fioul à la PAC

J’ai accompagné la famille Moreau en 2023, propriétaires d’une maison de 1985 à Amiens. Leur chaudière fioul vétuste leur coûtait 2 800 € par an pour 130 m². Après isolation des combles et installation d’une PAC air/eau de 11 kW, leur facture électrique chauffage est passée à 980 € annuels. Économie nette : 1 820 €. Avec les aides obtenues, leur reste à charge tournait autour de 5 500 €. Retour sur investissement : trois ans.

Ces résultats ne sont pas automatiques. Pour obtenir une estimation adaptée à votre logement, vous pouvez demander un diagnostic auprès d’un spécialiste comme kbane.com. Ce que les commerciaux oublient parfois de préciser : l’amortissement dépend autant du prix de l’électricité que du coût initial de l’installation.

Ce qui fait varier vos économies (et ce qu’on ne vous dit pas)

L’isolation conditionne directement les performances de la PAC



Sur les chantiers que j’ai suivis dans le Nord, j’observe régulièrement des PAC mal dimensionnées. Dans une maison de 120 m² avec isolation moyenne, une PAC trop juste peut consommer 20 à 30 % de plus que prévu et solliciter l’appoint électrique en permanence. Ce constat est limité à ma zone d’intervention et aux maisons anciennes, mais il revient trop souvent.

L’erreur la plus fréquente ? Dimensionner la PAC sur les besoins théoriques sans tenir compte de l’isolation réelle. Une passoire thermique classée F ou G va ruiner vos économies, même avec la meilleure PAC du marché. Je recommande toujours de faire isoler les combles avant d’installer une PAC. Sinon, vous chauffez l’extérieur à grands frais.

Quand la PAC air/eau n’est pas le bon choix

Évitez d’investir dans une PAC air/eau si votre maison cumule ces caractéristiques : DPE classé F ou G sans projet d’isolation, surface inférieure à 80 m², ou zone climatique très froide (montagnes, Nord-Est) sans système d’appoint prévu. Dans ces cas, le retour sur investissement peut dépasser 15 ans.

L’UFC-Que Choisir estime l’amortissement entre 6 et 17 ans selon les situations. Cet écart considérable reflète la réalité du terrain : les mêmes équipements produisent des résultats radicalement différents selon le contexte.

Votre maison est-elle prête pour une PAC ?


  • Isolation des combles réalisée ou prévue (30 cm minimum)

  • Radiateurs compatibles basse température ou plancher chauffant existant

  • Espace extérieur disponible pour l’unité (à 50 cm minimum du mur)

  • Compteur électrique adapté (triphasé recommandé pour PAC > 9 kW)

  • Budget aides vérifié sur France Rénov selon vos revenus

Les aides financières pour accélérer le retour sur investissement

Le coût d’une PAC air/eau tourne généralement entre 9 000 et 16 000 TTC pose comprise, selon la puissance et la complexité du chantier. C’est un investissement conséquent, mais les aides 2025 peuvent réduire la facture de moitié, voire davantage pour les ménages modestes.

Aides cumulables en 2025

MaPrimeRénov’ finance l’installation d’une PAC air/eau selon les revenus du foyer. La prime CEE « coup de pouce chauffage » s’y ajoute si vous remplacez une chaudière fioul ou gaz. Selon le ministère de l’Économie, ces dispositifs sont cumulables avec l’éco-prêt à taux zéro. La TVA réduite à 5,5 % s’applique automatiquement.

Point important signalé par le guide officiel de l’ANAH janvier 2025 : les chaudières à gaz ne sont plus financées depuis le 1er janvier 2025. Si vous hésitiez entre rénovation de votre chaudière gaz et passage à la PAC, le choix est désormais clair côté subventions.

L’écrêtement des aides peut atteindre 90 % du coût des travaux pour les revenus les plus modestes. En pratique, j’ai vu des dossiers où le reste à charge descendait sous les 3 000 €. La PAC n’est qu’un levier parmi d’autres : découvrez toutes les méthodes pour réduire votre consommation énergétique.

Vos questions sur les économies avec une PAC air/eau

Est-ce qu’une PAC chauffe vraiment quand il fait très froid dehors ?

Les PAC récentes fonctionnent jusqu’à -15°C, voire -20°C pour certains modèles. Le rendement diminue progressivement avec le froid : l’UFC-Que Choisir a mesuré un COP de 2 à -4°C en janvier 2024. C’est moins performant qu’à 7°C, mais la PAC continue de produire plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité. Un appoint peut être nécessaire lors des pics de grand froid.

Si les prix de l’électricité augmentent, mes économies disparaissent-elles ?

Pas entièrement. Même si l’électricité augmente, le ratio reste favorable : avec un COP de 3, vous consommez trois fois moins d’énergie qu’avec un chauffage électrique direct. L’écart se réduit si l’électricité flambe et le gaz stagne, mais ce scénario reste peu probable vu les trajectoires actuelles des énergies fossiles.

Combien de temps pour rentabiliser l’investissement ?

Entre 6 et 17 ans selon les études, avec une moyenne autour de 8-10 ans pour un remplacement de chaudière gaz. En remplaçant du fioul et avec les aides maximales, certains de mes clients ont rentabilisé en 3-4 ans. Tout dépend du reste à charge après aides et des économies annuelles réelles.

L’unité extérieure fait-elle beaucoup de bruit ?

Les modèles actuels émettent généralement entre 45 et 55 dB, comparable à une conversation normale. Le bruit peut gêner si l’unité est mal positionnée (sous une fenêtre de chambre, proche du voisin). Je conseille toujours de prévoir au moins 3 mètres des ouvertures et de vérifier les règles de distance en copropriété ou lotissement.

L’entretien est-il obligatoire et coûteux ?

Oui, l’entretien est obligatoire tous les deux ans pour les PAC de plus de 4 kW (décret du 28 juillet 2020). Comptez entre 150 et 250 € par intervention. Un contrat de maintenance annuel revient souvent moins cher et garantit une intervention rapide en cas de panne. La durée de vie d’une PAC bien entretenue atteint 15 à 20 ans.

Ce qu’il faut retenir avant de vous lancer

Les économies promises par une PAC air/eau sont réelles, mais conditionnées. Le COP moyen mesuré de 2,9 signifie que vous consommerez bien moins qu’avec un chauffage électrique ou une chaudière classique. Les aides 2025 rendent l’investissement accessible, surtout si vous remplacez une chaudière fioul.

Mon conseil après des années sur le terrain : ne signez jamais avant d’avoir fait vérifier votre isolation et obtenu un dimensionnement précis par un professionnel RGE. Une PAC mal calibrée dans une maison mal isolée, c’est la garantie d’une déception. Posez-vous cette question : mes combles sont-ils isolés correctement ? Si la réponse est non, commencez par là.

Précisions sur les économies annoncées

  • Les pourcentages d’économies mentionnés sont des moyennes constatées, qui varient selon l’isolation, la zone climatique et le système de chauffage remplacé
  • Les montants d’aides financières évoluent régulièrement et dépendent des revenus du foyer
  • Le dimensionnement de la PAC par un professionnel qualifié conditionne les performances réelles

Pour une évaluation personnalisée, consultez un professionnel RGE ou un conseiller France Rénov.

Rédigé par Camille Lefèvre, thermicienne spécialisée en rénovation énergétique depuis 2014. Elle a accompagné plus de 200 propriétaires dans leur transition vers des systèmes de chauffage bas carbone, dont une centaine d'installations de pompes à chaleur air/eau. Son expertise porte sur le dimensionnement des équipements, l'optimisation des performances réelles et l'accompagnement aux aides financières. Elle intervient régulièrement en formation auprès d'artisans RGE.