
J’ai reçu l’appel de Marc un mardi soir. Sa voix tremblait. Trois mois après avoir signé pour sa maison de 285 000 €, il venait de découvrir que la charpente était attaquée par des vrillettes. Devis du charpentier : 28 000 €. Le pire ? Le diagnostic termites était négatif. Parfaitement conforme. Sauf que les vrillettes ne sont pas des termites.
Cette histoire, je l’entends plusieurs fois par an dans mon activité d’accompagnement d’acquéreurs. Et elle illustre un problème que beaucoup ignorent : les diagnostics obligatoires ne protègent pas de tout. Loin de là.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement immobilier. Consultez un notaire ou un professionnel du bâtiment pour toute décision d’achat engageante.
L’essentiel sur l’inspection pré-achat en 30 secondes
- Diagnostics obligatoires ≠ inspection approfondie (toiture, charpente, fondations non couverts)
- Coût : environ 400 € pour une maison standard
- Durée : 2-3 heures de visite + rapport sous 7-10 jours
- ROI potentiel : négociation de plusieurs milliers d’euros si défauts révélés
Dans cet article
Ce que les diagnostics obligatoires ne vous disent pas
Soyons clairs : le DDT (dossier de diagnostic technique) que vous remettent les vendeurs est obligatoire. Il couvre le DPE, l’amiante pour les biens d’avant 1997, le plomb pour ceux d’avant 1949, l’état des installations électriques et gaz de plus de 15 ans, et les termites dans les zones à risque. C’est ce que précise Service-Public.fr dans sa liste exhaustive.
Mais voilà le problème. Ces diagnostics ont été conçus pour protéger contre des risques sanitaires et environnementaux spécifiques. Pas pour vous dire si la maison va vous coûter 40 000 € de travaux dans les deux ans.

Dans mon activité d’accompagnement d’acquéreurs en région lyonnaise, je constate régulièrement cette confusion entre diagnostics obligatoires et inspection volontaire approfondie. Les familles pensent être protégées parce que le dossier est complet. Sauf que personne n’a regardé l’état réel de la toiture, des fondations ou de la ventilation.
Ce qui m’inquiète le plus ? Les acquéreurs découvrent souvent ces lacunes après la signature. Sur les situations que j’ai accompagnées ces dernières années, les travaux imprévus oscillent fréquemment entre 15 000 et 45 000 €. Ce constat est limité à mon périmètre géographique et aux profils primo-accédants.
Quand vous analysez les critères pour l’achat d’un bien immobilier, la question technique du bâti devrait figurer en tête de liste.
| Critère | Diagnostics obligatoires | Inspection volontaire |
|---|---|---|
| Éléments couverts | DPE, amiante, plomb, gaz, électricité, termites | Toiture, charpente, fondations, humidité, ventilation, structure |
| Profondeur d’analyse | Points réglementaires ciblés | Vision globale état du bâti |
| Coût indicatif | Inclus dans la vente (vendeur) | Environ 400 € (acquéreur) |
| Qui paie | Vendeur (obligatoire) | Acquéreur (volontaire) |
| Utilité négociation | Faible (informations connues) | Forte (défauts chiffrés = levier) |
Les 5 défauts coûteux qu’une inspection révèle avant qu’il soit trop tard
Franchement, je déconseille d’acheter sans inspection un bien de plus de 20 ans. Et voici pourquoi.

D’après Juridique Lab, les contentieux liés aux vices cachés ont augmenté de 37 % depuis 2023. Ce chiffre ne m’étonne pas du tout. Les cinq défauts que je vois revenir en permanence sont toujours les mêmes.
Les 3 défauts invisibles aux visites classiques
La charpente attaquée (insectes xylophages hors termites), les remontées capillaires masquées par un enduit récent, et les défauts d’étanchéité de toiture non visibles depuis l’intérieur. Ces trois problèmes passent systématiquement sous le radar des diagnostics obligatoires.
La toiture arrive en tête. Une réfection complète représente un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les acquéreurs regardent rarement au-delà des tuiles visibles depuis le jardin.
Ensuite vient la charpente. Le cas des vrillettes que j’évoquais plus haut est typique. Le diagnostic termites ne les détecte pas. Seule une inspection visuelle des combles permet de repérer les galeries et la sciure caractéristique.
L’humidité constitue le troisième poste. Remontées capillaires, infiltrations latérales, défauts de ventilation : les signes sont souvent masqués par une peinture fraîche. Un inspecteur équipé d’un hygromètre détecte ce qu’un œil non averti ne peut pas voir.
L’électricité pose aussi problème. Le diagnostic obligatoire existe pour les installations de plus de 15 ans, mais il ne couvre que la sécurité immédiate. La mise aux normes complète représente plusieurs milliers d’euros selon l’ampleur des travaux.
Les fondations ferment la liste. Les fissures structurelles, les problèmes de drainage, les affaissements : autant de pathologies que seul un regard expert peut interpréter correctement.
Comment Marc et Sophie ont économisé 22 000 € grâce à l’inspection
J’ai accompagné Marc et Sophie en 2023. Couple trentenaire, premier achat, maison années 70 en proche banlieue parisienne à 285 000 €. Le dossier de diagnostics était impeccable. Termites : négatif. DPE : correct.
Sauf qu’ils ont demandé une inspection approfondie via ce lien que je leur avais recommandé. Le rapport a révélé une charpente attaquée par des vrillettes. Invisible depuis l’intérieur du logement, mais bien présente dans les combles.
Résultat : renégociation de 22 000 € obtenue grâce au rapport chiffré de l’inspecteur. Le vendeur a préféré baisser le prix plutôt que de voir la vente capoter.
Comment se déroule une inspection et combien ça coûte vraiment
La question du coût revient systématiquement. Selon ImmoPass, comptez environ 400 € pour un service complet incluant visite, rapport détaillé et budgétisation des travaux éventuels. Ça varie selon la surface du bien et sa complexité.
Dans les dossiers que je suis, la chronologie type ressemble à ça :
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Demande d’inspection après offre acceptée -
Visite de l’inspecteur (2-3 heures sur place) -
Réception du rapport détaillé avec photos et estimations -
Négociation prix ou demande de travaux au vendeur -
Signature du compromis ajusté

La visite elle-même dure généralement entre 2 et 3 heures pour une maison individuelle. L’inspecteur passe en revue la toiture (depuis l’extérieur et les combles), la charpente, les façades, les menuiseries, l’électricité visible, la plomberie accessible, les caves et vides sanitaires.
Quand l’inspection n’est PAS recommandée
Pour un bien neuf en VEFA ou un logement de moins de 5 ans avec garanties constructeur actives (décennale, biennale), l’inspection volontaire présente peu d’intérêt. Les garanties couvrent déjà les défauts majeurs.
Le rapport est généralement livré sous 7 à 10 jours. Il comprend des photos, une description des anomalies constatées et une estimation budgétaire des travaux à prévoir. C’est ce document qui vous donne un vrai levier de négociation.
10 questions à poser avant de choisir votre inspecteur
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Quelle formation avez-vous suivie pour l’inspection de bâtiments ? -
Disposez-vous d’une assurance responsabilité civile professionnelle ? -
Pouvez-vous me montrer un exemple de rapport type ? -
Quel est votre délai de livraison du rapport ? -
Puis-je vous accompagner pendant la visite ?
Vos questions sur l’inspection avant achat
L’inspection avant achat est-elle obligatoire en France ?
Non. L’inspection pré-achat reste une démarche volontaire de l’acquéreur. Seuls les diagnostics techniques (DPE, amiante, plomb, etc.) sont obligatoires et à la charge du vendeur.
Qui paie l’inspection, le vendeur ou l’acheteur ?
L’acheteur. C’est une démarche que vous initiez pour sécuriser votre investissement. Le coût tourne autour de 400 € pour une maison standard, ce qui reste négligeable face à un achat de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Puis-je annuler la vente si l’inspection révèle des défauts ?
Pas automatiquement. L’inspection n’est pas une condition suspensive légale. Vous pouvez négocier le prix ou vous retirer pendant le délai de rétractation de 10 jours après signature du compromis. Pour les défauts découverts après achat, la garantie des vices cachés vous donne 2 ans à compter de la découverte pour agir, comme le précise le Ministère de l’Économie.
Quelle est la différence entre inspection et expertise ?
L’inspection est une visite technique volontaire avant achat. L’expertise judiciaire est une procédure formelle ordonnée par un tribunal, généralement après un litige. L’inspecteur vous donne un avis technique ; l’expert judiciaire produit un rapport opposable en justice.
Combien de temps avant la signature faut-il prévoir l’inspection ?
Idéalement entre l’acceptation de l’offre et la signature du compromis. Comptez 10 à 15 jours au total : quelques jours pour trouver un inspecteur disponible, 2-3 heures de visite, puis une semaine pour recevoir le rapport. Cela vous laisse le temps de négocier si nécessaire.
Si vous envisagez une vente ou si vous voulez anticiper la valeur de votre propre bien, pensez à réaliser une estimation de votre bien immobilier en parallèle. Ça vous donnera une base solide pour toute négociation.
La prochaine étape pour vous
Ce qu’il faut retenir avant de signer
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Les diagnostics obligatoires ne couvrent pas toiture, charpente ni fondations -
Environ 400 € d’inspection peuvent révéler des défauts à plusieurs dizaines de milliers d’euros -
Le rapport d’inspection constitue votre meilleur levier de négociation
Mon conseil ? Pour tout bien de plus de 15 ans, l’inspection vaut le coup. Pas parce que le vendeur cache forcément quelque chose. Mais parce que même lui ignore souvent l’état réel de sa charpente ou de ses fondations.
La vraie question n’est pas de savoir si vous pouvez vous permettre une inspection à 400 €. C’est de savoir si vous pouvez vous permettre de découvrir un problème à 30 000 € trois mois après avoir signé.
Limites de ce guide pratique
- Ce guide ne remplace pas un diagnostic technique personnalisé adapté au bien visé
- Les coûts et délais mentionnés sont des moyennes constatées en 2024-2025 et varient selon région et type de bien
- Chaque situation immobilière nécessite une analyse spécifique par un professionnel qualifié
Pour toute décision engageante, consultez un notaire, un inspecteur en bâtiment certifié ou un avocat spécialisé immobilier.