DÉCÈS D’ALEXANDRE SOLJENITSYNE, L’AUTEUR DE “L’ARCHIPEL DU GOULAG”

L’écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à Moscou des suites d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 89 ans, a-t-on appris auprès de ses proches.

Grande figure de la dissidence soviétique et anticommuniste convaincu, Alexandre Soljenitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, dans le sud de la Russie. Après des études en physique et mathématiques à l’université de Rostov-sur-le-Don et des cours par correspondance à l’Institut de philosophie, de littérature et d’histoire de Moscou, il s’engage dans l’armée comme artilleur pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, Soljenitsyne est arrêté et condamné à huit ans de travaux forcés pour “propagande antisoviétique et tentative de création d’une organisation antisoviétique”. Après sa réhabilitation, il travaille comme professeur de mathématiques dans une école de Riazan, au sud-est de Moscou.

En 1962, la revue Novy Mir, dirigée par le célèbre poète Alexandre Tvardovski, publie son premier roman “Une Journée d’Ivan Denissovitch” qui, suivi de la nouvelle “La Maison de Matriona”, lui a valu sa notoriété nationale et internationale.

Dénonçant les répressions staliniennes, ses œuvres postérieures – “Le Premier cercle” (1955-1968), “Le Pavillon des cancéreux” (1968), etc. – ne sont pas autorisées à la publication en URSS et circulent dans la clandestinité. Dans les années 1960, il travaille dans le plus grand secret sur “L’Archipel du Goulag”, ouvrage fondamental traitant du système carcéral soviétique, malgré les persécutions des services secrets.

Lauréat du prix Nobel de littérature en 1970, Soljenitsyne se voit expulser d’URSS quatre ans plus tard après la publication du premier tome de “L’Archipel du Goulag” en Occident.

Exilé à Zurich, puis dans le Vermont, aux Etats-Unis, il fait paraître une série d’articles et de récits sur l’URSS et se lance dans l’écriture d’une épopée historique en huit volumes, “La Roue rouge”, sur les causes de la révolution d’octobre 1917.

De retour en Russie en 1994, il s’installe à Moscou et mène une vie retirée jusqu’à sa mort.

Le président russe Dmitri Medvedev et le premier ministre Vladimir Poutine ont présenté leurs condoléances aux proches de l’écrivain, rapportent les services de presse du Kremlin et du gouvernement.

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