Étudiante française concentrée dans un amphithéâtre universitaire moderne
Publié le 13 février 2026

Le téléphone sonne. C’est Léa, terminale S à Lyon, en larmes. Elle vient de recevoir les statistiques de sa fac cible. Moins d’un tiers des inscrits passent en deuxième année. Ses parents paniquent. Elle doute. Et dans trois mois, il faudra valider ses vœux Parcoursup.

Je connais cette situation par cœur. Chaque année, je reçois des dizaines de familles dans le même état : l’envie de médecine est là, mais le chemin paraît flou, anxiogène, semé de pièges. PASS, LAS, Europe, prépa… Les options se multiplient, les conseils contradictoires aussi. Alors clarifions.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif. Les conditions d’admission et réglementations évoluent régulièrement. Vérifiez les informations actualisées sur les sites officiels des établissements et de Parcoursup avant toute démarche.

L’essentiel sur vos options post-bac médecine

  • PASS = voie principale, exigeante, taux de passage autour de 34 % en un an
  • LAS = alternative avec double chance, pour profils polyvalents (environ 20 % de réussite)
  • Europe = destinations accessibles (Espagne, Belgique, Portugal) avec diplôme reconnu automatiquement en France
  • Année préparatoire = investissement rentable si votre niveau scientifique a besoin de consolidation

Pourquoi le chemin vers médecine s’est compliqué depuis 2020

La suppression de la PACES en 2020 devait simplifier l’accès aux études de santé. Franchement, sur le terrain, j’observe l’inverse. Les bacheliers jonglent désormais entre deux voies principales — PASS et LAS — sans toujours comprendre ce qui les distingue vraiment.

34%

des néo-bacheliers en PASS accèdent en 2e année de santé en un an

Ce chiffre, selon les chiffres 2025 du Quotidien du Médecin, peut sembler encourageant. Mais il masque une réalité : deux tiers des inscrits échouent ou se réorientent. Et côté LAS, le taux plafonne autour de 19,5 %. L’écart se réduit progressivement, mais la PASS reste la voie qui concentre le plus d’admis.

Ce que ces statistiques ne disent pas ? Le profil des bacheliers qui réussissent. Dans les dossiers que j’ai suivis ces cinq dernières années en Île-de-France, l’immense majorité des admis en première tentative avaient une moyenne générale supérieure à 15, avec des bases solides en SVT et physique-chimie. Les profils autour de 13-14 de moyenne s’en sortent, mais rarement dès la première année. C’est un constat, pas un jugement.

L’autre élément qui complique la donne : le numerus apertus, ce système censé adapter le nombre de places aux besoins des territoires, pourrait évoluer dès la rentrée 2026. L’annonce gouvernementale de décembre 2025 évoque une régulation nationale repensée. Les étudiants actuellement en PASS ou LAS ne seront pas immédiatement concernés, mais si vous entrez en 2026, les règles auront peut-être changé.

C’est précisément ce contexte mouvant qui pousse de plus en plus de familles à explorer des alternatives : soit la prépa PAES pour consolider le dossier avant de se lancer, soit les facultés européennes où les modalités de sélection diffèrent.

Trois voies vers médecine : laquelle correspond à votre profil

Je ne vais pas vous mentir : il n’existe pas de réponse universelle. Chaque parcours a ses avantages et ses pièges. Ce qui compte, c’est d’aligner votre choix avec votre réalité — niveau scolaire, budget familial, tolérance au risque, capacité d’adaptation.

Comparer les voies d’accès demande un vrai travail de recherche



Quelle voie selon votre profil de bachelier

  • Dossier excellent (moyenne > 16, spécialités SVT + Physique-Chimie) :
    Visez la PASS directe dans une université compétitive. Vous avez les bases pour affronter le rythme intensif dès septembre.
  • Dossier solide (moyenne 14-16, bonnes bases scientifiques) :
    PASS ou LAS selon vos affinités. Si une discipline vous passionne en dehors de la bio (droit, psycho, économie), la LAS peut offrir un filet de sécurité appréciable.
  • Dossier moyen (moyenne 12-14, lacunes à combler) :
    Soyons clairs : une année de consolidation avant la PASS n’est pas une perte de temps. C’est souvent ce qui fait la différence entre échec et admission.
  • Dossier fragile ou profil atypique :
    La voie européenne mérite sérieusement d’être explorée, avec une préparation linguistique adaptée.

La PASS : pour les dossiers solides prêts à sprinter

Le Parcours Accès Santé Spécifique reste la voie principale. Vous suivez une année entièrement dédiée à la santé, avec une mineure disciplinaire (droit, psycho, sciences humaines) qui servira de plan B en cas d’échec. Le rythme est intense dès la rentrée : comptez 30 à 40 heures de cours hebdomadaires, plus le travail personnel.

L’avantage ? Vous êtes immergé dans le contenu médical dès septembre. L’inconvénient ? Si vous échouez aux deux tentatives autorisées, la réorientation peut être brutale. J’ai vu des étudiants perdre confiance après un échec en PASS alors qu’ils auraient brillé avec une année de préparation préalable.

La LAS : le plan B devenu stratégie principale pour certains

La Licence Accès Santé fonctionne différemment. Vous suivez une licence classique (biologie, droit, économie…) avec une option santé en parallèle. À la fin de la L1, L2 ou L3, vous pouvez candidater aux études de santé.

Ce que j’apprécie dans cette voie : elle offre deux chances au lieu d’une, et elle ne ferme aucune porte. Si médecine ne fonctionne pas, vous avez quand même une licence valorisable. En revanche, le taux de réussite reste inférieur à celui du PASS. Et attention aux critères de choix d’une école universitaire : toutes les LAS ne se valent pas en termes d’accompagnement.

L’Europe : quand élargir le terrain de jeu change tout

Espagne, Belgique, Portugal, Roumanie… Les destinations européennes attirent chaque année davantage de bacheliers français. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une voie de facilité — c’est une voie différente.

Le calendrier officiel Parcoursup 2026 (ouverture le 17 décembre 2025, vœux jusqu’au 12 mars 2026) vous laisse le temps de candidater en parallèle dans certains pays européens. Mais chaque pays a ses propres procédures. En Belgique, par exemple, un quota de 15 % est réservé aux non-résidents, avec un concours en août. En Espagne, l’admission passe par les PCE (Pruebas de Competencias Específicas).

Ce que personne ne vous dit sur les études de médecine en Europe

Les facultés européennes : une alternative qui mérite mieux que les clichés



Sur le terrain, la réalité des admissions européennes est souvent mal comprise. J’entends régulièrement des parents affirmer que « c’est réservé aux riches » ou que « le diplôme ne sera pas reconnu ». Démêlons le vrai du faux.

Affirmation : Les diplômes de médecine obtenus en Europe ne sont pas reconnus en France



Réponse : Faux. Selon la position du Conseil National de l’Ordre des Médecins, les diplômes médicaux obtenus dans l’UE bénéficient d’une reconnaissance automatique, à condition qu’ils soient conformes à l’annexe V de la directive 2005/36/CE. Concrètement : si vous décrochez votre diplôme en Espagne, en Belgique ou au Portugal dans une faculté accréditée, vous pourrez exercer en France.

Autre idée reçue : les études européennes seraient réservées aux familles aisées. La réalité est plus nuancée. Au Portugal, les frais universitaires pour étudiants étrangers tournent autour de 1 000 à 2 000 € par an en université publique. En Belgique ou en Allemagne, comptez entre 1 000 et 2 500 € annuels. C’est en Espagne, notamment dans les universités privées, que les tarifs grimpent — jusqu’à 20 000 € par an.

France vs Europe : synthèse sur 4 critères clés
Critère PASS France LAS France Espagne Belgique
Niveau requis Élevé (>15) Moyen-élevé Variable (PCE) Concours août
Coût annuel ~170 € + vie ~170 € + vie 3 000-20 000 € 1 000-2 500 €
Langue Français Français Espagnol (B2+) Français
Reconnaissance FR Automatique Automatique Automatique UE Automatique UE

Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres pays (Roumanie, Hongrie, République tchèque) proposent des cursus en anglais ou en français avec des profils de coûts différents. Si vous explorez cette piste, renseignez-vous directement auprès des universités visées.

Une année pour tout changer : le pari de la préparation

L’erreur la plus fréquente que je rencontre chez les bacheliers ? Sous-estimer l’écart méthodologique entre le lycée et l’université. Ce n’est pas qu’une question de niveau brut. C’est une question de rythme, de méthode de travail, d’autonomie.

J’ai accompagné Armelle l’année dernière. Son cas m’a marqué. Dossier scientifique fragile, autour de 12-13 de moyenne, avec des lacunes en physique-chimie. Elle doutait de ses chances en PASS directe. On a opté pour une année de consolidation via un programme PAES intensif. Résultat : elle est entrée en PASS avec des bases solides et a terminé grande admise, 42ème à Paris-Saclay.

Le parcours d’Armelle : de dossier fragile à grande admise

J’ai accompagné Armelle dès septembre 2023. Profil : terminale spé SVT/Maths à Lyon, moyenne générale 12,8, forte motivation mais bases scientifiques instables. Son père était inquiet — il voyait les statistiques de la PASS et paniquait.

Notre stratégie : une année complète de remise à niveau avec plus de 400 heures d’enseignement, construction du dossier Parcoursup en parallèle, et stages d’immersion en milieu hospitalier pour confirmer sa vocation.

En septembre 2024, elle a intégré la PASS à Paris-Saclay avec des fondations solides. Six mois plus tard, elle était admise 42ème de sa promotion.

L’accompagnement personnalisé fait souvent la différence



Le calendrier type d’une année de préparation s’articule autour de trois axes parallèles :


  • Consolidation scientifique intensive + construction dossier Parcoursup

  • Stages en milieu médical + finalisation des vœux

  • Préparation spécifique aux concours européens si double candidature

Le coût d’une année préparatoire démarre généralement autour de 5 000 €. C’est un investissement conséquent, j’en ai conscience. Mais comparé au coût d’une année d’échec en PASS — tant financier qu’émotionnel — le calcul mérite d’être posé froidement.

Vos questions sur l’accès aux études de santé

Quelle est la différence concrète entre PASS et LAS ?

La PASS est entièrement dédiée à la santé avec une mineure disciplinaire. La LAS est une licence classique (biologie, droit, psycho…) avec une option santé. La PASS offre une immersion totale mais une seule chance en fin de L1. La LAS permet de candidater jusqu’en L3, avec un filet de sécurité si médecine ne fonctionne pas.

Puis-je revenir exercer en France après des études en Europe ?

Oui, grâce à la directive européenne 2005/36/CE. Votre diplôme médical européen sera reconnu automatiquement, à condition qu’il soit conforme aux exigences de l’annexe V. Concrètement, la grande majorité des facultés espagnoles, belges et portugaises délivrent des diplômes reconnus.

Une année préparatoire est-elle une perte de temps ?

Mon avis tranché : pour un bachelier avec un dossier autour de 12-14 de moyenne, non. Les données que j’observe montrent que les étudiants ayant consolidé leurs bases avant la PASS ont un taux de réussite nettement supérieur. Une année « perdue » vaut mieux que deux tentatives échouées.

Quel niveau de langue pour étudier en Espagne ou au Portugal ?

Pour l’Espagne, comptez un niveau B2 minimum en espagnol pour suivre les cours confortablement. Le Portugal propose parfois des cursus partiellement en anglais, mais la maîtrise du portugais reste un atout. Une préparation linguistique en amont est vivement recommandée.

Comment financer des études de médecine en Europe ?

Plusieurs pistes existent : bourses Erasmus+, aides régionales, prêts étudiants garantis par l’État. Pour des informations détaillées sur les dispositifs disponibles, consultez les ressources sur le financement de votre formation supérieure. Chaque situation familiale nécessite une analyse personnalisée.

Et maintenant ?

Le choix d’une voie vers médecine ne se fait pas en un jour. Il se construit. Si vous hésitez entre plusieurs options, c’est probablement que votre situation mérite une analyse personnalisée — et non des conseils génériques trouvés en ligne.

Plutôt que de vous laisser avec une liste de vérifications, je vous pose une question : avez-vous déjà évalué honnêtement l’écart entre votre niveau actuel et les exigences de la première année ? C’est souvent là que se joue la décision.

Précautions avant de vous engager

  • Les conditions d’admission varient chaque année et diffèrent selon les universités
  • Les coûts mentionnés sont des fourchettes indicatives 2024-2025 susceptibles d’évoluer
  • Chaque situation académique et familiale nécessite une analyse personnalisée
  • Les procédures européennes peuvent changer selon les accords bilatéraux

Pour un accompagnement adapté à votre profil, consultez un conseiller d’orientation CIO ou le service admission de l’établissement visé.

Rédigé par Camille Lefèvre, conseillère en orientation spécialisée dans l'accompagnement vers les études de santé depuis 2018. Elle a guidé plusieurs centaines de bacheliers dans leurs démarches Parcoursup et admissions européennes, avec une expertise particulière sur les passerelles PASS/LAS et les procédures d'admission en Espagne, Belgique et Portugal. Son approche combine analyse du dossier scolaire, préparation méthodologique et stratégie de vœux personnalisée.