PHILIPPE DAVID RÉPOND À NOS QUESTIONS
3 février 2010 par Paul-Alexandre
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Emediat Info, Politique, Tribunes
Interview de Philippe David, auteur de l’ouvrage Journal intime d’une année de rupture, par Emediat
- Emediat.fr : Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 43 ans et je suis directeur commercial d’une entreprise travaillant à l’international. Mes grandes passions sont la politique française et internationale ainsi que l’économie. A mes heures perdues j’écris des livres, le second étant « Journal intime d’une année de rupture » publié aux éditions de l’Ixcéa, qui retrace près de deux années de politique française, de la campagne des présidentielles jusqu’au discours de Toulon.
- Emediat.fr : Quel intérêt trouvez-vous à Emediat : l’Agora des droites ?
L’intérêt d’Emediat est de donner la parole à l’ensemble des droites françaises, le débat étant aujourd’hui monopolisé par l’UMP qui est un parti de droite ET du centre et non pas un parti exclusivement de droite dont le seul but est de servir les intérêts de Nicolas Sarkozy comme le RPR était au service de Jacques Chirac et l’UDF au service de Valéry Giscard d’Estaing. Rappelons que la droite française n’est pas un bloc homogène, nonobstant l’UMP, et que des millions de français de droite, dont je fais partie, ne se reconnaissent plus dans les conglomérats d’intérêts éléctoraux et financiers que sont aujourd’hui les partis politiques.
- Emediat.fr : Dans quelle branche de la droite française vous reconnaissez-vous ?
Je suis de la droite « jambon-beurre ». Si vous vous demandez ce que c’est, c’est la droite qui se situe aux strictes antipodes de la « gauche caviar » tant en termes d’idées qu’en termes de comportements. Je ne supporte en effet pas cette gauche qui dit que l’insécurité est un fantasme et que la mixité sociale est géniale mais qui reste dans les quartiers bobos de la capitale par peur de voir sa voiture brulée ou de devoir envoyer ses enfants dans des écoles où le niveau est déplorable. Le mode de pensée de cette gauche, qui a contaminé au nom du « politiquement correct » la droite française et, de facto, l’ensemble de la classe politique se résume en une phrase: « Faites ce que je dis mais ne faîtes pas ce que je fais ».
- Emediat.fr : Votre dernier livre, Journal intime d’une année de rupture, poursuivait-il un but particulier ?
Bien sur. La trame du livre est la rupture, rupture que l’ensemble des candidats nous proposaient. En fait, la rupture n’était qu’un concept marketing destiné à acheter des voix comme d’autres concepts marketing sont destinés à faire acheter des barils de lessive. La rupture, personne n’en veut dans la classe politique, à droite comme à gauche, car, il faut bien le reconnaitre, la politique est un métier qui s’exerce à vie en cumulant plusieurs emplois et rémunérations (le cumul des mandats et des jetons de présence) et, la place étant franchement bonne, les mandats s’héritent comme s’héritaient les fiefs sous la féodalité. On pensait avoir aboli les privilèges la nuit du 4 août 1789, pourtant nous sommes revenus à un régime ressemblant beaucoup plus à celui qui existait lorsqu’il y avait des seigneurs règnant sur leur potentat au moyen-âge que dans une démocratie moderne du XXIème siècle.
- Emediat.fr : En tant qu’homme de droite, quel regard portez-vous sur le gouvernement et le président de la République ?
Un sondage récemment sorti nous montre que 67% des français ne croient plus ni en la droite ni en la gauche pour résoudre les problèmes de la France. Je n’ai pas été sondé mais permettez moi de me compter parmi les 67 %! Comme des millions de français j’ai voté pour Nicolas Sarkozy le 7 mai 2007 en espérant la « rupture », même si au fond de moi-même je n’y croyais pas trop et j’en suis aujourd’hui pour mes frais. La « valorisation du travail » et la « lutte contre l’assistanat » étaient des leurres, les minimas sociaux ayant plus augmenté que le SMIC depuis 2 ans et demi. Le « travailler plus pour gagner plus » et le « pas de nouveaux impôts » se résument à travailler plus pour gagner autant voir moins, la crise ayant raboté le revenu des salariés et des petits patrons (qui n’ont rien à voir avec les patrons du CAC40) et les impôts ayant poussé comme les bourgeons au printemps (taxe sur les clés USB; sur l’intéressement et la participation; sur les ordinateurs; franchises médicales et tutti quanti) en attendant la taxe carbone qui va frapper « la France qui se lève tôt » et qui doit consommer du gazole pour aller travailler. Quant à la fin des méthodes du passé, on attend toujours l’interdiction du cumul des mandats et des carrières politiques qui durent 40 ou 50 ans; la réforme de l’état et des collectivités territoriales (dont ceux qui vivent du système archaïque en vigueur ne veulent pas entendre parler); l’avènement d’un véritable » état impartial » et la fin des « nominations au copinage » qui nous étaient promis et qui ont atteint le summum de l’indécence avec l’indemnisation de Bernard Tapie dans l’affaire du Crédit Lyonnais et le summum du ridicule avec la fulgurante ascension de Jean Sarkozy qui doit représenter la quintessence de la « méritocratie » dont on parlait beaucoup au printemps 2007. Enfin, je ne connais personne à droite qui ait compris quoi que soit à l’impunité accordée à une terroriste italienne qui a du sang sur les mains, Marina Petrella, dont la place est derrière des barreaux en Italie et en aucun cas en liberté en France. Bref, la déception est grande pour moi comme pour l’ensemble des français, la côte de popularité du Président de la République étant là pour le prouver.
- Emediat.fr : Jugez-vous qu’aujourd’hui la droite française fait face à une véritable carence en matière de réflexion, et de production d’idées ?
En termes d’idées la droite française est au fond du trou pour une bonne et simple raison qui est que chaque fois qu’elle lance une idée et que la gauche commence à pousser des cris d’orfraie au nom des sacro-saints « droits de l’homme » la droite se couche à une vitesse supersonique pour faire immédiatement son mea culpa. Dernier exemple en date, le débat sur l’identité Nationale au cours duquel, suite aux protestations à répétition de la gauche pour qui il n’y a pas d’identité de la France, un Ministre, Eric Besson, s’est permis de dire que « la France n’était ni un territoire, ni un peuple ni une langue » avant de faire marche arrière suite aux protestations à droite tout en demandant le droit de vote pour les étrangers! La droite pratique en fait la politique du tango: Un pas en avant, deux pas en arrière et on finit toujours par se coucher, voila sa plus grande carence.
- Emediat.fr : Quel est l’intellectuel de droite qui vous correspond le plus ?
Sans aucun doute Eric Zemmour, que j’ai eu chance de rencontrer en 2002 lors de la sortie de mon premier livre que j’avais auto-édité, et qui avait eu une attention très sympathique pour moi. J’adore ses éditos sur RTL et ses arguments dans « On se dispute » à tel point que je n’ai pas en mémoire de cas où je me sois trouvé en désaccord avec lui. Je lui ai souhaité les voeux comme tous les ans depuis 2002 mais comme il est plus que surbooké nous n’avons pas trouvé de moment pour nous rencontrer lors d’un récent séjour à Paris alors je profite de mon interview sur Emediat pour lui dire: « Eric c’est quand vous voulez, où vous voulez quand vous voulez pour déjeuner ou simplement boire un café avec vous ».



Bonjour,
Je me permets de vous informer que M.Philippe David est actuellement sur la télévision de Médias France Libre ou MFL. voir lien http://www.mediats-france-libre.fr/index.php/television/5-television-a-la-demande/5-webtele-en-direct-400px-par-400px-speciale-qvideo-a-la-demandeq-.html
Cordialement
Andy Loubry
Directeur MFL
Bonsoir, En consultant le site de Cathy et par curiosité,( elle m’a parlé de vous ), que j’ai surement croisé aux lilas .
Je suis admiratif de votre réussite!
J’ai lu vos réponses et d’ailleurs assez d’accord avec vous, mais il y a toujours un mais, vous avez oublié en temps que politicien le principal pour vivre sainement, c’est de manger naturel sans pesticides sans chimie , il estr urgent de prendre consience, comme le rappelle Hubert Reeves arophysicien connu, que si l’on ne fait rien ou pratiquement rien dans 2 à 3 décénnies, tout ce que vous avez écrit sera caduque et ce n’ai pas une plaisanterie.
Cordialement
Jean Piechota sympatisant de l’alliance écologiste independante