ISRAËL : UNE POLICE RELIGIEUSE POUR COMBATTRE LES « IMPURS »

Des bandes de Juifs ultraorthodoxes s’en prend aux femmes et aux commerçants vendant des produits jugés illicites. La police israélienne a fini par réagir, relate le quotidien Yediot Aharonot.

Le quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, est en ébullition depuis l’arrestation, début août, de trois de ses habitants soupçonnés d’appartenir à la brigade des bonnes mœurs de la communauté haredie [juifs ultraorthodoxes]. Des manifestations ont eu lieu tous les soirs place du Shabbat, fin août. Un soir, les manifestants se sont opposés aux forces de l’ordre et ont même renversé une voiture de police dans Yoel Street.

Elhanan Buzaglo a été arrêté début août pour avoir agressé une femme soupçonnée d’entretenir des relations indécentes avec des hommes mariés dans le quartier de Maalot Dafna [à Jérusalem]. Selon le dossier, il a reçu 2 000 dollars pour sa participation à l’agression. Deux autres suspects ont été arrêtés la semaine suivante : Shmuel Weisfish, pour avoir participé à l’incendie d’un magasin qui vendait des lecteurs MP4 en dépit d’une décision du tribunal de la communauté ultraorthodoxe, et Binyamin Meirovich, qui est soupçonné d’être un des chefs de la brigade des bonnes mœurs et le responsable de ses opérations. La police devait demander au tribunal la prolongation de la détention provisoire.

Les manifestations contre l’arrestation des trois hommes se sont intensifiées après la décision de la justice de prolonger la détention de Weisfish de sept jours. Les manifestants s’en sont pris à une boutique de la place du Shabbat accusée de vendre des lecteurs de CD “non casher”. Le 20, des élèves de la yeshiva [école religieuse juive] ont manifesté devant une autre boutique de Mea Shearim en exigeant qu’elle cesse de vendre des “films impurs”.

La communauté haredie accuse la police de “vouloir détruire la brigade des bonnes mœurs”. D’après une personnalité influente, la brigade dite “garde de la décence” n’a pourtant rien à voir avec les violences dont on l’accuse. “Les membres de la brigade des bonnes mœurs font le travail que la police aurait dû faire. Au lieu de nous remercier de faire régner l’ordre, elle s’en prend à nous et cherche à nous détruire”, ajoute-t-il.

Le dossier de mise en examen de Buzaglo expose en détail les graves faits qui lui sont reprochés. “Le 1er juin 2008, vers 22 h 45, le prévenu est arrivé avec six autres personnes au domicile de la plaignante, armé d’une batte de base-ball et de bombes de gaz lacrymogène. Le prévenu et les autres ont bousculé la plaignante, l’ont fait tomber au sol, l’ont frappée, lui ont cogné la tête par terre et l’ont bourrée de coups de pied. Le prévenu ou l’un des autres s’est assis sur la tête de la plaignante pour l’empêcher de voir ce qui se passait et de résister.

Le prévenu et les autres agresseurs l’ont en outre bâillonnée avec un morceau de tissu et l’ont avertie que, si elle ouvrait les yeux, ils lui pulvériseraient du gaz lacrymogène. Le prévenu ou l’un des autres a interrogé la plaignante sur ses relations avec les hommes et a demandé des détails sur les hommes en question. Les agresseurs ont pris deux téléphones portables appartenant à la plaignante pour relever les noms de ceux qui l’appelaient. Finalement, le prévenu ou l’un des autres a déclaré à la plaignante qu’elle devait quitter son appartement faute de quoi ce ne serait ‘qu’un début’ et que, si elle restait dans le quartier, elle serait assassinée.”

D’après les déclarations de la plaignante figurant au dossier, les menaces ne se sont pas arrêtées là ; pendant toute la semaine qui a suivi, elle n’a cessé de recevoir des menaces par téléphone. Un mois plus tard, elle a trouvé une lettre de menaces dans sa boîte aux lettres et a décidé de quitter son appartement.

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