11 MILLIONS D’EUROS POUR CONSERVER UNE AGRICULTURE EN ILE-DE-FRANCE

Confrontée à une urbanisation galopante, la région d’Ile-de-France peine à préserver ses surfaces agricoles. Ainsi, entre 1979 et 2000, les aires dévolues à l’agriculture ont diminué de 18,4 %. Au cours de cette même période, la moitié des exploitations avec des terres cultivables et les deux tiers des exploitations spécialisées ont disparu.

Pour enrayer le phénomène, l’Ile-de-France va consacrer 11 millions d’euros à mettre en place une politique régionale de ralentissement de la consommation d’espaces agricoles. Concernant la répartition des subventions, 5 millions seront investis dans la gestion et l’aménagement raisonnés du territoire afin de limiter au maximum le gaspillage d’espace. Un montant égal accompagnera les démarches et les initiatives territoriales, à l’image de la signature d’une charte agricole signée par plusieurs communes de l’Essonne… Enfin, un million ira directement aux exploitations agricoles pour les aider à s’adapter aux contraintes périurbaines.

Si cette « stratégie régionale au long terme » devrait rassurer les agriculteurs d’Ile-de-France installés en zone périurbaine, elle n’arrangera certes pas les difficultés actuelles du secteur immobilier en restreignant encore l’accès au logement.

LE MOUVEMENT SYNDICAL S’AMPLIFIE POUR UN PRIX RÉMUNÉRATEUR DU LAIT

Réunie en Assemblée générale le 17 juin dernier, la Coordination Rurale a décidé d’amplifier le mouvement syndical qu’elle mène actuellement avec l’Organisation des Producteurs de lait (OPL) en faveur d’un prix rémunérateur pour le lait.

Il s’agit d’exiger à court terme la récupération des 27 € par 1000 litres qui ont été confisqués aux producteurs laitiers, suite à la recommandation scandaleuse faite par l’interprofession laitière (CNIEL). En agissant ainsi, l’interprofession montre une fois de plus qu’elle est totalement déconnectée des producteurs qu’elle est censée représenter.

Par ailleurs, l’OPL a rencontré des collègues éleveurs espagnols près de la frontière franco-espagnole le 20 juin dernier. Le même constat est partagé en France, en Espagne, et dans tous les pays européens et la colère enfle chez les producteurs de lait. Ils se retrouvent pour défendre leurs revenus, mis à mal par l’augmentation des charges (énergie, aliment du bétail, etc…) et pour réclamer un prix rémunérateur pour leur production.Certains pays frontaliers comme l’Allemagne, ont obtenu certaines avancées au terme d’une grève de livraison de lait. Mais les négociations se poursuivent et la mobilisation demeure car l’objectif commun des producteurs Européens, unis au sein de la fédération EMB (European Milk Board), d’un prix du lait minimum à 40 ct€ le litre est loin d’être atteint.

Tout ce que demandent les éleveurs, qui travaillent 365 jours par an, c’est de pouvoir vendre ce qu’ils produisent à un prix couvrant leurs coûts de revient !

C’est pourquoi les éleveurs de la CR et de l’OPL informent les laiteries françaises que les actions qu’ils ont initiées ces dernières semaines – notamment les blocages de camions et/ou de laiteries – vont se multiplier dans les jours à venir.

REVENU AGRICOLE 2007 : DES GRAVES DISPARITÉS

La Commission des comptes de l’agriculture de la nation vient de rendre sa traditionnelle copie. La Coordination Rurale, tient à remettre ces données dans leur contexte.

La hausse des revenus annoncée pour l’agriculture en 2007 masque une situation très préoccupante de l’agriculture française dont la caractéristique majeure est la disparité non seulement entre secteurs mais aussi en leur sein.

C’est le cas notamment des exploitations spécialisées en grandes cultures. Certes les cours des céréales ont été très favorables mais ont connu d’énormes variations qui ont placé les producteurs dans des situations extrêmement différentes selon qu’ils ont vendu leur récolte à 130 € ou à 300 € la tonne…

Ces mêmes écarts ont pu être encore amplifiés par des niveaux de rendements très différents.

Ceux des viticulteurs qui viennent de manifester leurs grandes difficultés reçoivent comme une provocation l’annonce de la hausse statistique de 51% de leur revenu qui comptabilise le stock qu’ils ne parviennent pas à écouler.

Les importations à bas coût continuent de laminer nos secteurs fruitiers et horticoles (respectivement -20% et -50%), concurrencés de manière déloyale alors qu’ils sont déjà malmenés par de difficiles conditions climatiques.

Les productions animales affrontent la hausse des prix des aliments sans pouvoir les répercuter dans leurs prix de vente. Ces difficultés se traduisent par des chutes considérables de revenus : – 38,4% pour les productions hors sol, -32% pour les ovins,- 25% pour les bovins-viande, ces deux dernier secteurs étant également confrontés à la crise sanitaire de la FCO.

Quant à l’amélioration du revenu des producteurs de volailles, elle intervient après une succession de mauvaises années dues à la peste aviaire.

Ce panorama montre bien que l’annonce de l’augmentation de 17% du revenu des agriculteurs ne reflète pas la réalité du terrain, faite d’instabilité et d’hétérogénéité des revenus. Les pouvoirs publics ne doivent pas se satisfaire de ces chiffres qui traduisent l’échec de la PAC.

La présidence française de l‘UE qui débute ce jour doit immédiatement ouvrir le chantier d’une PAC rénovée garantissant des prix stables et raisonnables aux consommateurs et un revenu correct aux agriculteurs.

CONTRE LE VIN ROSÉ COUPÉ

On est absolument opposé à cette idée insensée d’autoriser des vins de table artificiels qui mélangeraient vin blanc et vin rouge. On est furieux qu’au nom du commerce, de la libéralisation des échanges, on compromette les efforts de qualité des productions traditionnelles.

La France n’a jamais voté pour une telle mesure, il y a eu une discussion sur un règlement global qui comprend beaucoup d’autres sujets sur les pratiques œnologiques. La Commission avait donné l’assurance qu’on  puisse continuer à discuter avec elle sur la question des vins rosés.

C’est une question de respect des consommateurs et de respect des producteurs. On ne peut pas accepter que les efforts de qualité qui ont été fait par les producteurs de vins des Côtes de Provence, des Côtes de Ventoux, ou de ceux du Val de Loire (et ce ne sont que des exemples !) soient compromis par de telles pratiques.

La difficulté, c’est qu’une grande partie des pays européens y sont favorables. Notre pays est le seul à ne pas avoir accepté la dernière proposition de la Commission européenne – un étiquetage distinctif entre « vin rosé traditionnel» et “vin issu de coupage ».

On continuera de s’y opposer. La seule solution acceptable est un maintien de l’interdiction actuelle de produire des vins de table rosés par coupage de rouge et de blanc. Ce point précis n’est pas négociable. La France fera tout pour que cette interdiction soit rétablie dans le projet de règlement de la Commission. En tout état de cause, la France continuera à interdire la production sur son territoire de vin de table rosé par coupage de vin rouge et de vin blanc, par respect des consommateurs et pour le respect des efforts de qualité et des traditions des vignobles français

LE VIRUS H9N2 DE LA GRIPPE AVIAIRE INQUIÈTE DES CHERCHEURS

Les pays du monde entier se préparent à un risque d’épidémie provoquée par le virus H5N1 de la grippe aviaire mais une autre souche de la maladie, appelée H9N2, pourrait également représenter une menace pour la population, rapportent des chercheurs.

Des analyses pratiquées sur cette souche du virus ont montré qu’il était capable de se transmettre et de se propager avec un nombre limité de mutations, a révélé une équipe de chercheurs du Saint Judes’s Children Research Hospital de Memphis et de l’université du Maryland.

“Nos résultats suggèrent que l’existence et la prévalence des virus H9N2 chez des volailles constituent une menace conséquente pour les humains”, écrivent les chercheurs dans le Public Library of Science journal.

La plupart des spécialistes du virus de la grippe estiment qu’une pandémie à l’échelle mondiale est inévitable. En revanche, personne ne peut prédire quelle souche du virus en particulier en sera responsable bien que le H5N1 fasse actuellement figure de principal suspect.

Le virus H5N1 de la grippe aviaire a contaminé 358 personnes et fait 243 victimes humaines depuis 2003. Il a également entraîné l’abattage de 300 millions de volailles.

Avec un nombre limité de mutations, il pourrait se transformer en un virus se transmettant facilement à l’homme et se propageant rapidement de personne à personne. Mais certains experts soulignent que le H5N1 n’est pas le seul virus à disposer de ces caractéristiques.

Le H9N2, qui existe principalement chez les volatiles, a contaminé au moins quatre enfants à Hong Kong, provoquant des symptômes sans gravité. Il a été retrouvé chez des oiseaux, des cochons et d’autres animaux en Europe et en Asie.

Une seule mutation rend le H9N2 plus virulent et plus pathogène et facilite également sa transmission d’un furet à un autre, constatent les chercheurs dans leur étude.

Toutefois, il ne semble pas se transmettre dans l’air, ce qui pourrait limiter sa propagation.

Il existe des centaines de souches des virus de la grippe aviaire mais seulement quatre – le H5N1, le H7N3, le H7N7 et le H9N2 – ont contaminé des humains.

LE PRIX DES MATIÈRES PREMIÈRES SE REPLIE

Le prix des matières premières semble entraîné dans une spirale dépressive depuis un mois. Dans le sillage d’un pétrole revenu sous les 120 dollars (soit une chute d’environ 20 % depuis son pic de 147 dollars, le 11 juillet) les cours du blé, du maïs, du cuivre, du nickel, de l’or, du bétail ou du fret maritime s’orientent inexorablement à la baisse. Ne surnagent guère que le sucre et le café arabica.

Le naufrage est attesté par l’index Jefferies/Reuters CRB (Composite Research Bureau), qui compile les évolutions de dix-neuf produits de base et qui a perdu 15 % en cinq semaines, ou encore par l’index du secteur énergétique de Standard & Poor’s, qui a chuté de plus de 20% depuis le mois de mai.

Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine, ne conteste pas ces chutes “très fortes par rapport aux cours les plus hauts”, mais il souligne que la tonne de cuivre à 7500 dollars, l’once d’or à 880 dollars, le boisseau de blé à 8 dollars, cela ne ressemble en rien à un effondrement, tout au plus à une “correction”.

Les fonds spéculatifs ont commencé à se retirer des marchés à terme des matières premières et les banques conseillent à leurs clients d’en mettre un peu moins dans leurs portefeuilles. “Pour la première fois depuis février 2007, le marché pétrolier new-yorkais est dans une position nette vendeur “, explique Eric Le Coz, directeur du développement chez Carmignac Gestion. Et la débandade spéculative est comparable, à Chicago, pour le blé et le maïs.

Dynamisme chinois Les raisons de ce retournement sont légion : l’ouragan Edward s’est évanoui avant d’avoir commis le moindre dégât aux puits de pétrole du golfe du Mexique; les Américains et les Européens utilisent moins leur voiture cet été, pour cause de carburant cher ; la récolte mondiale de céréales s’annonce pléthorique en raison d’une bonne météo générale; les sidérurgistes essaient de fabriquer l’acier avec d’autres métaux inoxydables que le nickel, devenu hors de prix; la Chine a mis à l’arrêt ses usines de la région de Pékin pour éviter que les athlètes olympiques n’y soient asphyxiés; l’économie européenne freine sec, y compris l’allemande, jusque-là miraculeusement épargnée. Autrement dit, la demande en général et celle des matières premières en particulier seraient en passe de défaillir.

“Qu’il y ait une moindre activité en Chine, c’est indéniable, commente M.Le Coz, mais le dynamisme chinois ne se dément pas pour autant. L’accroissement des ventes d’automobiles est en Chine de +15 % en rythme annuel et les perspectives sont immenses puisque la densité automobile chinoise équivaut à peine à celle des Etats-Unis en 1915.” Il ajoute : “La banque centrale chinoise vient d’annoncer la fin du resserrement monétaire en affirmant que la croissance était plus importante que la lutte contre l’inflation. Ce qui signifie que le rythme de progression du produit intérieur brut chinois restera de 9 % ou 10 % et que l’augmentation de la demande de matières premières est inévitable.” La Chine suffira-t-elle à maintenir la demande mondiale à flot ? “Tout le monde se focalise sur les inquiétudes en matière de demande, répond-il. En fait, le risque se trouve du côté de l’offre et le marché ne cessera pas d’être favorable aux producteurs. A 120 dollars le baril, le marché pétrolier demeure très tendu. Le marché du minerai de fer ne connaît aucune spéculation et pourtant les hausses qui y sont pratiquées sont phénoménales [+85 % en 2008].

Compte tenu de la faible valorisation boursière – extraordinairement attractive – des sociétés minières, il vaut mieux acheter des actions de BHP Billiton, dont le charbon est indispensable aux pays émergents qui tirent l’économie mondiale, que celles d’une banque occidentale, dont les prêts ne sont pas appelés à se multiplier…” Selon M. Le Coz, la correction en cours ne devrait pas faire retomber très bas les cours des matières premières et, à moyen et long terme, le déficit de l’offre les poussera à repartir à la hausse.

Tel est aussi l’avis de M. Chalmin, qui s’attend à une légère baisse des prix agricoles et à une stabilité des cours des minerais. Même chose pour le pétrole? Compte tenu de l’extraordinaire volatilité qui règne sur les marchés, il préfère répondre par une boutade : “J’ai prédit qu’en matière pétrolière, nous évoluerions entre 100 et 200 dollars le baril, rappelle-t-il. Pour l’instant, nous sommes dans cette fourchette. Si, cet été, il n’y a pas de cyclone et pas de crise iranienne, le baril de pétrole peut se retrouver sous les 100 dollars, en septembre. Dans le cas contraire…”