LA FRANCE A RENDEZ-VOUS AVEC L’ESPACE

Depuis la nuit des temps, l’Homme a toujours rêvé de voyager dans l’espace. Des ingénieurs avec leurs rêves et leur génie, travaillaient déjà sur des projets qui permettraient, un jour, à l’être humain de voler dans le ciel. Il faudra cependant attendre le milieu du 20ème siècle pour qu’enfin la grande aventure spatiale puisse se réaliser. Cette conquête fût un enjeu énorme pendant la guerre froide. Les Américains et les Soviétiques espéraient en tirer un enjeu majeur pour imposer une victoire définitive à la partie adverse.

L’URSS a pendant de nombreuses années obtenue une longueur d’avance technologique sur les Etats-Unis. Le 4 octobre 1957, elle lança le premier satellite Spoutnik, mis sur orbite par la fusée R-7, conçue par l’ingénieur Sergueï Korolev. L’événement se répéta le 3 novembre 1957 quand Spoutnik 2 emmena dans l’espace le premier être vivant. Il s’agit de la célèbre chienne Laïka. D’autres fusées Spoutnik furent lancées dans le but d’entreprendre des recherches scientifiques coordonnées par le programme Vostok. Toujours en avance sur son homologue américain, l’Union soviétique réussit à marquer l’Histoire de l’Humanité en envoyant pour la première fois un homme dans l’espace. C’était le 12 avril 1961. Le cosmonaute Yuri Alekseïevitch Gagarine gravita complètement autour de la terre. Il devient le héros de l’Union soviétique et le symbole de la conquête spatiale.

Les Etats-Unis n’acceptant plus ce désavantage déshonorant, son gouvernement exigea de la NASA de tout mettre en œuvre pour reprendre l’initiative autour du programme Apollo. Après plusieurs difficultés et échecs, c’est le 16 juillet 1969 que la mission Apollo 11 conduira des êtres humains sur la lune. Le premier homme à fouler le pied sur la lune sera Neil Armstrong. Il prononcera la célèbre citation « C’est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l’humanité ».

Très tôt, la France prend conscience des enjeux planétaires et spatiaux. Elle va suivre sa destinée, et bien qu’elle sorte d’une terrible guerre, notre nation ambitionne dès le début des années 1950 de maîtriser aussi l’espace. Son inspiration émane essentiellement du patriotisme et du gaullisme. La France affiche son indépendance géostratégique et souhaite s’imposer comme l’une des plus grandes puissances aéronautiques et spatiales. Elle veut défier les deux géants de l’époque.

C’est le 15 décembre 1961, sous l’impulsion du général De Gaulle, que sera officiellement créé le Centre national d’études spatiales (CNES). Son rôle sera d’élaborer la politique et la stratégie spatiale de la France. Cette initiative contribuera grandement au prestige de la France dans le monde.

Le 21 mars 1964, en voyage en Guyane, le général De Gaulle déclara à l’opinion publique que « Nous avons à réaliser, vous sur place et la France avec vous, une grande œuvre française en Guyane, et une grande œuvre dont on s’aperçoive dans toutes les régions du monde où se trouve le département. Il faut qu’on le voie et qu’on le sache partout. Nous avons commencé et nous continuerons ». Tenant fermement ses engagements, la France lancera son premier satellite dénommé « Astérix » à partir d’une fusée Diamant le 26 novembre 1965. L’aventure spatiale française commence et elle affiche déjà un optimisme prédominant pour les années à venir.

Très vite, des voies nouvelles s’ouvrent à la France. Il s’agit d’apporter, d’une part, aux citoyens et à l’armée de nouveaux systèmes de télécommunication, d’observation et de navigation et d’autre part de servir la tradition de la recherche scientifique et de contribuer au développement de la force industrielle et d’emplois de haute technologie.

La France sait aussi qu’il existe une voie spatiale pour l’Europe. Elle impulse l’idée d’une coopération avec ses voisins. En 1973 le programme spatial européen voit le jour et sera baptisé Ariane. Dix pays européens y sont associés. Il y aura eu au total cinq missions Ariane.

La plus prometteuse de toute est Ariane 5. Elle est une réussite complète grâce à ses perfections techniques. Ariane 5 s’immortalise pour les années qui s’engagent à nous en contribuant pleinement au renforcement de la politique spatiale française et européenne.

Précisons aussi que de nombreuses nations européennes, dont la France, participent à l’élaboration du futur système de positionnement par satellites fièrement baptisé Galileo.

Galileo devrait être utilisable en 2010. Toutefois, il sera pleinement opérationnel en 2012. Notre système de positionnement par satellite est destiné à supprimer la dépendance de l’Europe vis-à-vis du système américain, le GPS (Global Positioning System).

Ariane et ses concepteurs ont énormément contribué aux développements de la télécommunication et aux enjeux commerciaux liés à l’espace. Cependant, nous n’avons pas encore répondu aux véritables exigences que l’Humanité et notre planète nous imposent. Nous avons progressivement mis dans l’ombre notre premier idéal universel pour laisser la place à des desseins purement techniques et économiques.

Sans pour autant négliger la première voie, il devient important de compléter le programme spatial français et européen en l’orientant essentiellement autour des voyages galactiques, de l’exploration de l’univers et des planètes ainsi que dans l’installation de bases scientifiques sur les planètes découvertes.

A l’heure où notre planète est confrontée à des dangers sérieux et identifiés, comme le réchauffement climatique, l’épuisement progressif des ressources naturelles ainsi que de l’explosion de la natalité mondiale, la conquête spatiale semble répondre à la survie de la Terre. Il n’est pas à exclure que les humains puissent vivre dans les prochains siècles sur d’autres planètes.

Si cela semble être pour l’heure un rêve démesuré, il n’en est pas moins irréaliste. C’est d’ailleurs le rêve et parfois l’utopie qui ont toujours fait évoluer l’Homme et l’ont poussé à accomplir ses grandes destinées. Combien de choses étaient irréalisables hier, et si simple à entreprendre aujourd’hui ? Il est donc primordial que les prochains programmes s’orientent d’avantage vers la science et l’exploration.

Pour conforter ce rêve dimensionnel, savez-vous que Virgin Galactic a été la première firme privée a avoir envoyé un astronef habité dans l’espace ? Virgin vient récemment de dévoiler les premiers clichés de son spatioport. Celui-ci est en cours de construction au Nouveau Mexique et déjà plusieurs milliardaires américains ont réservé leur billet pour parcourir l’univers.

La France a donc tout son rôle à jouer dans cette grande étape de mutation planétaire. Pour cela elle doit saisir toutes les opportunités et réaffirmer son universalisme intellectuel, son potentiel technique et humain pour répondre à cet appel crucial que nous lance l’Humanité. Le destin nous impose un défi hors du commun, nous devons le saisir pour la plus grande gloire de la France et du genre humain.

LA NASA A RELEVE DES TRACES DE GLACE SUR MARS

Les scientifiques de l’agence spatiale américaine (Nasa) qui travaillent sur la mission Phoenix annoncent disposer de preuves solides de la présence de glace sur le sol martien.

La Nasa devrait donner des détails sur cette découverte lors d’une conférence de presse.

Selon un communiqué, c’est la disparition d’échantillons du sol martien de la tranchée où ils avaient été repérés et photographiés par la sonde Phœnix qui amène l’équipe scientifique à cette conclusion.

Les chercheurs pensent que ces mottes de sol se sont évaporées entre dimanche, lorsqu’elles ont été photographiées, et jeudi.

“C’est sans doute de la glace”, a assuré le chef de la mission de recherche, Peter Smith. “Ces petites mottes ont complètement disparu en l’espace de quelques jours. C’est la preuve parfaite qu’il s’agit de glace. Nous nous demandions si ce n’était pas du sel. Le sel ne peut pas faire ça.”

La sonde Phœnix s’est posée sur Mars le 26 mai, après un voyage spatial de dix mois.

Elle doit déterminer en trois mois si la glace présente sur Mars a jamais été liquide et analyser sa composition afin de savoir si les conditions de l’apparition de formes de vie sont réunies sur la planète.

LA FRANCE PRÔNE UNE APPROCHE « DURABLE » FACE AUX RÉSERVES D’URANIUM LIMITÉES

La France a adopté une approche “durable” de son programme électronucléaire, avec recyclage des combustibles, traitement des déchets, limitation des risques de prolifération militaire, font valoir les acteurs français de la filière.

L’essor du nucléaire qui se profile dans de nombreux pays face à la crise de l’énergie est “nécessaire, mais doit être accompagné pour être durable”, a souligné le directeur de l’énergie nucléaire du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Philippe Pradel, lors d’une visite de presse cette semaine sur le site CEA de Marcoule (Gard).

La Chine, l’Inde, se sont déjà lancées dans des programmes importants. Aux Etats-Unis, le candidat républicain à la présidentielle John McCain a appelé à la construction de 45 réacteurs nucléaires d’ici à 2030. Pas moins de 439 réacteurs sont déjà en service, et 34 sont en construction ou annoncés, dont deux de type EPR en France.

Or la planète dispose seulement d’un siècle de réserves d’uranium pour alimenter le parc mondial de réacteurs, “au rythme actuel de la consommation”, selon une étude de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

Dès les années 1980, la France a mis en place un “cycle du combustible fermé” : extraction de l’uranium, fabrication du combustible nucléaire, gestion du combustible usé avec récupération des matériaux fissiles et valorisables, puis recyclage du plutonium et conditionnement des déchets.

Les autres pays n’avaient pas envisagé le retraitement, même si certains (Allemagne, Japon…) ont fini par suivre la même voie.

Le CEA dispose à Marcoule de tous les laboratoires nécessaires aux recherches sur la seconde partie de ce “cycle fermé” pour optimiser l’aspect “durable” du nucléaire.

Un concept battu en brèche par les anti-nucléaire : c’est un “nouveau nom pour des recherches et une vision du nucléaire qui existe depuis toujours”, a indiqué à l’AFP Frédéric Marillier, de Greenpeace France.

Afin “d’économiser les ressources”, note M. Pradel, les chercheurs travaillent dans le laboratoire Atalante à la séparation des déchets – plutonium, actinides mineurs comme l’américium – et aux meilleures techniques pour les réutiliser comme combustibles (MOX…).

Un réemploi qui optimise le rendement de la matière première et permet de diviser par 5 le volume des déchets issus de l’électronucléaire : le plutonium des 58 réacteurs en service est ainsi totalement recyclé et éliminé de la voie “déchets”.

Pour les rebuts qui ne peuvent pas être retraités, le CEA se penche à Marcoule sur leur gestion: vitrification – incorporation des déchets dans des matrices de verre – et étude des capacités de résistance de ces matériaux.

Par ailleurs, dans cette optique de nucléaire “durable”, le CEA examine à Marcoule les moyens d’éviter la prolifération en mélangeant le plutonium – utilisable, pur, pour la fabrication d’armes – avec de l’uranium ou des actinides mineurs.

Enfin, un gros effort est mené dans la mise au point des réacteurs de l’avenir.

Le prototype Phénix, installé sur le site, dispose ainsi d’un flux de neutrons rapides. Il annonce les futurs réacteurs de 4ème génération à l’horizon 2040, qui produiront 50 fois plus d’électricité avec une même quantité d’uranium, “économisant les ressources et minimisant encore plus les déchets”, souligne M. Pradel.

MÉTÉORITE, COMÈTE, OVNI… 100 ANS APRÈS, L’ÉNIGME DE LA TOUNGOUSKA RESTE ENTIÈRE

En 1908, il y a tout juste cent ans, une gigantesque explosion, d’une puissance équivalente à mille bombes d’Hiroshima, se produisait dans la région de la rivière Toungouska pierreuse, en Sibérie orientale, laissant de nombreuses interrogations concernant l’origine de cet événement.

Les conséquences de ce qui constitue la plus grande catastrophe d’origine spatiale présumée de l’histoire de l’humanité rappellent les effets d’une explosion atomique. Si le météorite, qui serait à l’origine de l’explosion selon certains chercheurs, était tombé sur une région à forte densité de population, le nombre de victimes se serait chiffré par millions.

Le système solaire compte des millions de petits corps célestes – comètes, astéroïdes et météorites – dont la collision avec la Terre serait susceptible de provoquer un cataclysme encore plus dévastateur que celui de la Toungouska. Cependant, la nature du corps qui se serait abattu sur la taïga sibérienne reste une énigme jusqu’à présent, tout comme on ignore quels corps célestes nécessitent un suivi permanent afin d’éviter une répétition de la catastrophe. L’étude de l’accident de la Toungouska permet d’appréhender l’étendue des risques écologiques et géophysiques que pourrait comporter la chute d’un corps céleste et de tirer des conclusions sur ses éventuelles conséquences à long terme.

LA CATASTROPHE

Le cataclysme est survenu le 30 juin 1908, à 7h14 heure locale (0h14 GMT), dans le bassin de la rivière Toungouska pierreuse, près du village de Vanavara, aujourd’hui chef-lieu de district dans le District autonome des Evenks, les coordonnées géographiques de l’impact étant 60°53′ latitude Nord et 101°53′ longitude Est.

Au petit matin, une boule de feu visible à 600 km à la ronde survolait la Sibérie orientale, semant la panique auprès de la population locale en raison de la lumière aveuglante et des bruits assourdissants qu’elle produisait. Certains croyaient à la reprise de la guerre russo-japonaise, perdue par la Russie en 1905, d’autres évoquaient l’arrivée de l’Antéchrist. Des grondements de tonnerre étaient entendus à plus de mille kilomètres de la trajectoire de cette boule. Les vitres des maisons vibraient, et le vacarme était tel qu’un mécanicien du transsibérien pila, persuadé qu’un des wagons venait d’exploser.

Le vol de l’objet s’est terminé par une explosion puissante à au moins 7 km d’altitude au-dessus de la taïga déserte qui a provoqué un tremblement de terre de magnitude 4,7 à 5 sur l’échelle de Richter. La puissance de l’explosion fut de 10 à 40 mégatonnes d’équivalent TNT, ce qui correspond à l’énergie dégagée par l’explosion d’une bombe à hydrogène moyenne, soit un millier de bombes d’Hiroshima. Des témoins qui se trouvaient à plusieurs centaines de kilomètres de l’impact ont reçu de légères brûlures.

L’explosion a par ailleurs provoqué un gigantesque incendie qui dévora 20 hectares de forêt, et la déflagration a couché les arbres sur 215 hectares, soit la superficie actuelle de la ville de Moscou.

Pendant les jours qui ont suivi la catastrophe, des phénomènes atmosphériques étranges ont été observés sur presque toute l’étendue de l’hémisphère nord, de Bordeaux à Krasnoïarsk: des crépuscules extraordinaires par leur luminosité et leur couleur, des éclaircies nocturnes dans le ciel, de brillants nuages argentés, des cercles lumineux autour du soleil. La luminosité du ciel était très intense au point que beaucoup de gens n’arrivaient pas à s’endormir, et dans certains endroits on pouvait lire un journal imprimé en petits caractères en pleine nuit.

RECHERCHES

Les chercheurs n’ont accédé à la zone de l’impact que vingt ans plus tard, en 1927. Leonid Koulik, le premier savant à étudier l’événement de la Toungouska, fut désigné en 1921 à la tête d’une expédition de l’Académie des sciences de Russie chargée de recueillir des informations sur les météorites.

Grâce aux nombreux témoignages recueillis auprès de la population locale, Koulik parvient à découvrir la zone des arbres brûlés. Croyant à la chute d’un météorite, il a cherché, en vain, le cratère consécutif à la collision.

Dans les années 1960, une expédition du Comité pour les météorites de l’Académie des sciences d’URSS a poursuivi les recherches du cratère, avec le même résultat.

Plus tard, un groupe d’enthousiastes a organisé une expédition qui a passé de longues années à étudier la région affectée par la catastrophe. Les chercheurs se sont retrouvés alors face au grand mystère de la Toungouska: une explosion puissante a bien eu lieu au-dessus de la taïga, abattant les arbres sur une immense superficie, mais le corps céleste qui l’aurait provoquée n’a laissé aucune trace. L’intensité de l’explosion laisse supposer que le corps avait une masse de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, et on croyait qu’une telle quantité de substance ne pourrait disparaître complètement. Pourtant, pas une seule trace du météorite n’a été retrouvée jusqu’à présent.

HYPOTHÈSES

En 1934, une hypothèse a été formulée, selon laquelle l’explosion ne serait pas due à un météorite, rocheux ou ferreux, mais à une comète entrée en collision avec notre planète. Le noyau d’une comète étant essentiellement composé de gaz congelés et de glace, cela expliquerait, croyait-on, l’absence de toute substance spatiale sur le terrain.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les chercheurs ont fini par détecter dans le sol une petite quantité de poussière météorique, mais cette poussière peut facilement être détectée à n’importe quel point du globe, car de petits météorites brûlent sans cesse dans l’atmosphère. Des concentrations anormales de certains éléments chimiques ont certes été découvertes, mais personne n’a pu établir de lien avec la catastrophe.

Des recherches postérieures, notamment l’étude de la comète de Halley, ont mis en doute cette hypothèse: il s’avère que la teneur des comètes en éléments réfractaires, notamment en siliciures, est très élevée, mais l’étude du sol dans la zone de l’accident n’a rien démontré. L’hypothèse de la comète et de l’astéroïde restent toutefois les plus populaires parmi les chercheurs dont certains sont allés jusqu’à supposer une collision avec un fragment de la comète d’Encke.

Après la création de l’arme nucléaire, la catastrophe de la Toungouska a frappé la communauté mondiale par sa ressemblance évidente avec une explosion nucléaire.

L’écrivain de science-fiction soviétique Alexandre Kanantsev a supposé en 1946 que la catastrophe serait due à l’explosion d’un vaisseau spatial extraterrestre doté d’un réacteur nucléaire. Plus tard, certains chercheurs ont prétendu que l’explosion ne pouvait résulter que du dégagement de l’énergie intrinsèque du corps céleste. Cette hypothèse a ensuite été formulée à maintes reprises et reste très populaire parmi les ufologues, et certains écrivains évoquent notamment l’impact d’un faisceau laser émis par une civilisation extraterrestre.

D’autres chercheurs ont encore tenté d’expliquer l’événement de la Toungouska par des causes purement terrestres, supposant une éruption de gaz volcaniques à travers une fissure dans l’écorce terrestre ou une gigantesque boule de foudre.

Au milieu des années 1990, la catastrophe de la Toungouska a pour la première fois été imputée à l’activité humaine. Manfred Dimde, le célèbre exégète de Nostradamus, a supposé que l’explosion résultait d’une expérimentation malheureuse lancée par le physicien américain d’origine serbe Nikola Tesla qui rêvait de pouvoir transmettre des ondes électromagnétiques à distance, mais se serait trompé dans ses calculs.

L’ONU DÉFILE SUR LES CHAMPS ÉLYSÉES, LES BANLIEUES FRANÇAISES S’ENFLAMMENT

Selon un bilan officiel communiqué ce matin à 8h00 par le ministère de l’Intérieur, deux cents quatre-vingt dix-sept véhicules ont été incendiés et cent vingt et une personnes ont été interpellées en France dans la nuit du 13 au 14 juillet.

Le département le plus touché par ces émeutes urbaines est le Val d’Oise.

Toute la nuit, d’importants affrontements ont opposé les forces de l’ordre et de la sécurité civile face aux délinquants.

Les policiers ont été la cible de jets de pétards et de cocktails molotovs. Les incendies de poubelles mais aussi des embuscades étaient au rendez-vous. A Gonesse, c’est un gymnase qui a été incendié.

LE COÛT RÉEL DE L’IMMIGRATION EN FRANCE

Le coût réel de l’immigration en France. 14ème étude publiée par Contribuables Associés réalisée par Jean-Paul Gourévitch,expert international en ressources humaines, spécialiste des migrations.

L’immigration, combien ça coûte ? Ce thème est si lourd d’enjeux politiques que le seul fait de poser la question dérange ou provoque.
Au bout du compte, ce sont pourtant les contribuables qui financent les migrations. Il est donc souhaitable, pour se faire une opinion sur le bien-fondé des politiques conduites dans ce domaine, d’en identifier et d’en évaluer les paramètres financiers

C’est à cet exercice que s’est livré, avec un souci de l’exactitude exempt de tout a priori idéologique, Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines. Dans l’étude que nous publions, il compare les dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés (71,76 milliards d’euros) avec les recettes qu’il encaisse de leur part (45,57 milliards d’euros), soit un solde négatif de plus de 26 milliards. Enfin, il évalue les investissements engagés par l’Etat pour contenir les flux migratoires ou faciliter l’intégration des immigrés et de leurs enfants (10,81 milliards d’euros). Au terme de cette analyse, il présente les solutions qui permettraient de réduire les coûts de l’immigration.

DÉBAT : SANS-PAPIERS ET VALEUR TRAVAIL

Entre besoins des entreprises françaises et politique étatique de l’immigration, la tension monte. En France, patrie de la Déclaration des Droits de l’Homme, l’arbitrage et le consensus républicain ne pourront pourtant se faire au mépris de la dignité humaine. Reste que les faits font injure à cette tradition historique française, entre immigrés en situation irrégulière déclarés par leurs employeurs comme « réguliers » et politique publique ambiguë. Qui dit illégal dit malheureusement, dans la plupart des cas : exploitation, précarité et abus.

L’INSEE parle de 200 à 400 000 individus dans la situation du travail clandestin mais, dans les faits, il y a des centaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière, qui travaillent avec de faux papiers. C’est chose courante. Ceci permet par exemple aux sociétés d’intérim d’assurer aux grandes sociétés du bâtiment des « sans papiers en règle » sur de prestigieux chantiers comme le Louvre ou les ministères.

Côté Bruxelles, l’Union européenne vient d’adopter un texte, que beaucoup qualifient déjà de « directive de la honte » prévoyant notamment un enfermement des étrangers pouvant atteindre 18 mois, la détention des personnes vulnérables et des mineurs, qu’ils soient ou non accompagnés.

Samuel Beckett, Jacques Brel, Maria Callas, Marc Chagall, Marlène Dietrich, Juan Miro et Pablo Picasso… récemment encore, la France s’est glorifiée d’avoir accueilli et intégré des artistes venus du mon entier, qui ont contribué à l’enrichissement de son patrimoine culturel et à son rayonnement.

LE CONSEIL DE L’EUROPE PRÔNE L’INTÉGRATION DES MIGRANTS

L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a demandé mercredi aux 47 Etats membres de favoriser une meilleure intégration des populations immigrées dont la faible participation à la vie politique constitue, selon elle, un défi pour les démocraties.

Dans deux résolutions adoptées à Strasbourg, elle invite les Etats à assouplir les conditions d’acquisition de la nationalité du pays d’accueil en limitant à cinq ans les conditions de durée de résidence et en supprimant les restrictions à la double nationalité.

Elle recommande que “d’autres obligations comme notamment les tests de naturalisation, les tests de langue, les conditions de revenus et de logement, les frais et les serments, ne deviennent pas excessivement lourds”.

“Les exigences relatives aux compétences linguistiques ne doivent pas constituer un obstacle à l’exercice du droit à la vie de famille”, ajoute un amendement adopté à une large majorité.

Ce point constitue une pierre dans le jardin de la France dont la loi sur l’immigration d’octobre 2008 qui conditionne notamment à un test de langue le droit au regroupement familial.

Les parlementaires européens estiment en revanche que les immigrants, et notamment les femmes immigrées, doivent bénéficier dans le pays d’accueil “de cours d’alphabétisation et de langue, de programmes d’éducation civique et d’une formation à l’emploi”.

Ils affirment également qu’il convient de leur accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales et régionales “au bout de cinq ans de résidence ou moins”.

Les parlementaires rappellent que plus de 64,1 millions de migrants vivent en Europe, soit 8,8% de la population selon l’Organisation internationale des migrations, et, pour beaucoup d’entre eux, participent peu à la vie démocratique.

UNE CRISE DES BANLIEUES PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Depuis vingt-cinq ans, la crise sociale s’incarne à travers ses banlieues populaires et quelques dizaines de villes comme Clichy-sous-Bois, Argenteuil, Vaulx-en-Velin ou Vénissieux, entrées dans l’imaginaire collectif après des émeutes ou des épisodes de violences. Autant de territoires qui symbolisent les tensions sociales, politiques, voire ethniques, de la société française. Autant de “quartiers sensibles” pour lesquels rien n’indique, malheureusement, une sortie rapide du marasme.

Mais cette crise des banlieues en masque une autre : celle qui se prépare, en silence, dans la “grande banlieue” pavillonnaire, au milieu des champs, dans les lotissements “low cost” qui ont poussé comme des champignons à distance des grandes agglomérations. Avec la hausse de l’immobilier, ces espaces, qui illustrent la tendance historique à l’”étalement urbain”, ont servi de refuge aux classes populaires et moyennes soucieuses d’accéder à la propriété individuelle. La conjonction des crises pétrolière et immobilière laisse craindre une profonde fragilisation de ces territoires.

1) Les gains réalisés sur le prix du foncier, donc de l’immobilier, risquent de disparaître à cause de l’explosion des coûts de transport dans des territoires où le recours à la voiture est indispensable. D’où des difficultés économiques évidentes pour les familles.

2) Dans le contexte actuel, ces territoires perdent ainsi une bonne part de leur attractivité, ce qui les place en première ligne face à une éventuelle baisse de l’immobilier. D’où un risque de diminution amplifiée des prix.

3) Comme ils sont endettés sur une longue durée (vingt-cinq ou trente ans), ces ménages remboursent essentiellement, les premières années, les intérêts de l’emprunt et seulement une part réduite du capital. D’où une fragilité exacerbée face à l’évolution du marché immobilier.

Ce dernier aspect est une véritable bombe à retardement dans l’hypothèse d’une baisse significative de l’immobilier. Soit parce que ces familles pourraient être amenées à revendre leur bien à perte, avec des conséquences néfastes en termes d’endettement. Soit parce qu’elles subiraient une forme d’”assignation à résidence” : le temps de rembourser une partie suffisante du capital ou d’espérer une remontée de l’immobilier, elles se verraient interdire tout projet de mobilité.

Le piège se referme donc sur ces catégories sociales, engluées dans leur parcours résidentiel, ramenées à ce qui définit le mieux les classes populaires (l’absence de choix) et les classes moyennes (la peur de la relégation dans la strate sociale inférieure). On peut certes se rassurer en estimant que les effets de cette crise des banlieues lointaines seront probablement moins spectaculaires que dans les “grands ensembles”, où les tensions sociales se télescopent avec les problèmes d’éducation, d’immigration et de jeunesse. Pas de voitures brûlées, donc. Ni d’épisodes de violences collectives.

La colère risque plutôt de trouver un débouché électoral. Car il est un enseignement du séisme du premier tour de la présidentielle de 2002 sans doute oublié trop rapidement. Dans leur analyse sur le vote Le Pen, des chercheurs, comme Jérôme Fourquet ou Hervé Le Bras, avaient mis en évidence l’importance des zones périurbaines dans la progression du Front national. Lequel avait obtenu d’excellents résultats dans les territoires compris entre 20 et 50 km des centres-villes. Une population que Nicolas Sarkozy avait réussi à arracher au vote protestataire en 2007. Une population qui pourrait être tentée d’exprimer à nouveau, sous une forme ou sous une autre, son ressentiment face à l’effritement de ses rêves de propriétaire et à l’impuissance du politique. Rendez-vous dès 2009 avec les élections européennes…

L’EUROPE FACE AU FAIT MIGRATOIRE ARABO-MUSULMAN

Brice Hortefeux, Ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a proposé aux Etats membres de l’Union européenne un « pacte pour l’immigration » avec un double objectif :

Harmoniser, d’une part, les politiques européennes en matière de flux migratoire en fonction des capacités d’accueil de l’Europe sur le plan du marché du travail, du logement et des services sanitaires.

Instaurer, d’autre part, au niveau communautaire, une harmonisation des politiques d’expulsion des migrants illégaux, du droit d’asile, et de la promotion de l’immigration professionnelle légale.

I-Les arabo-musulmans d’Europe, le premier groupement ethnico- identitaire d’importance sédimenté hors de la sphère européo centriste et judéo chrétienne.

Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des « basanés » sur le sol européen, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration n’ont conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en Europe, où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples d’Europe de ce groupement ethnico -identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

Les interrogations sont réelles et fondées, mais par leur déclinaison répétitive (problème de la compatibilité de l’Islam et de la Modernité, compatibilité de l’Islam et de la Laïcité), les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes, comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire européen, comme pour masquer les antiques phobies chauvines, malgré les copulations ancillaires de l’outre-mer colonial, malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et sur le continent noir, malgré le mixage démographique survenu notamment au sein des anciennes puissances coloniales (Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal et Pays Bas) du fait des vagues successives des réfugiés du XX me siècle d’Afrique, d’Asie, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs.

Au delà de la polémique sur la question de savoir si « l’Islam est soluble dans la République ou à l’inverse si la République est soluble dans l’Islam », la réalité s’est elle-même chargée de répondre au principal défi interculturel de la société européenne au XXI ème siècle. Soluble ou pas, hors de toute supputation, l’Islam est désormais bien présent en Europe d’une manière durable et substantielle, de même que sa démographie relève d’une composition interraciale, européenne certes, mais aussi dans une moindre proportion, arabo-berbère, négro-africaine et indo-pakistanaise : Quatre mille mosquées, douze millions de fidèles, et 2,6 pour cent de la population européenne est d’origine musulmane, selon les statistiques officieuses concernant les 15 pays de l’Europe occidentale communiquées avant l’adhésion massive des 12 pays de l’Europe centrale et oriental (1). Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et se passent de tout commentaire.

Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Avec près de cinq millions de musulmans, dont deux millions de nationalité française, elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

En comparaison, pour une superficie de 9,3 millions de km2 et une population de 280 millions d’habitants, les Etats-Unis comptent près de 12 millions de musulmans dont 3,5 millions d’arabo-américains et 1 200 mosquées. La communauté musulmane de France se décompose comme suit : deux millions de Maghrébins, deux millions de nationalité française, la plupart originaires d’Algérie et rapatriés en France au moment de l’indépendance de ce pays, ainsi que 400. 000 africains, 300. 000 turcs et 100.000 asiatiques.
En vingt ans (1980-2000), près de trois mille associations ont été fondées et mille cinq cents lieux de culte édifiés, parmi lesquelles cinq grandes Mosquées, dont trois dans la région parisienne Paris, Evry et Mantes-La-Jolie, ainsi qu’à Lyon et Lille.
Socle principal de la population immigrée malgré son hétérogénéité linguistique et ethnique, avec 12 millions de personnes, dont cinq millions en France, la communauté arabo-musulmane d’Europe occidentale apparaît en raison de son bouillonnement -boutade qui masque néanmoins une réalité- comme le 28 ème Etat de l’Union européenne.

En s’y greffant, l’admission de la Turquie, de l’Albanie et du Kosovo au sein de l’Union européenne porterait le nombre des musulmans à près de 100 millions de personnes, représentant 5 pour cent de la population de l’ensemble européen, ce qui pourrait porter atteinte, selon les tenants de la droite radicale européenne, à son homogénéité démographique, à la blancheur immaculée de sa population et aux « racines chrétiennes de l’Europe ». Au point que l’UMP, le parti sarkoziste en France, a institué une clause de sauvegarde, soumettant à référendum l’adhésion de tout nouveau pays dont la population excède cinq (5) pour cent de l’ensemble démographique européen (2).

Pour un observateur non averti, le décompte est impressionnant : l’agglomération parisienne concentre à elle seule le tiers de la population immigrée de France, 37 pour cent exactement, tous horizons confondus (Africains, Maghrébins, Asiatiques, et Antillais), alors que 2,6 pour cent de la population d’Europe occidentale est d’origine musulmane, concentrée principalement dans les agglomérations urbaines.

Dix pour cent de la population de Berlin, de Bruxelles et de Bradford est d’origine musulmane, alors que Cologne et Birmingham comptent entre 5 et 10 pour cent de personnes d’origine musulmane et que sont recensées plus de quatre mille mosquées au sein de l’ensemble européen, soit en vingt ans une multiplication par 40 du nombre des lieux de culte.

La France se situe en première position avec près de 1. 500 lieux de prière, suivie de l’Allemagne en 2ème position avec 800 et du Royaume-Uni (3ème position-500 mosquées).

Les Pays-Bas se retrouvent en 4ème position (230 mosquées), la Belgique en 5ème position (220) et la Suède en 6ème position avec 150 mosquées. L’Italie (7ème) et l’Espagne (8ème) comptent respectivement 60 et 50 mosquées. De quoi enflammer des imaginations fébriles, de quoi susciter les plus graves phobies.

Son importance numérique et son implantation européenne au sein des principaux pays industriels lui confèrent une valeur stratégique faisant de la communauté arabo-musulmane d’Europe le champ privilégié de la lutte d’influence que se livrent les divers courants du monde islamique et partant le baromètre des convulsions politiques du monde musulman.

Longtemps laissés pour compte, les arabo-musulmans sont désormais l’objet d’une double sollicitude sous forme d’une compétition entre les pays d’accueil qui prônent une politique d’absorption progressive et les pays d’origine qui entreprennent une opération de séduction dans une stratégie dont l’objectif sous-jacent est, tant pour les uns que pour les autres, sinon de faire barrage à l’intégrisme du moins d’y aménager une sphère d’influence au sein de la population expatriée.

Fait désormais irréversible, l’ancrage durable des populations musulmanes en Europe, la généralisation de leur scolarisation, l’affirmation multiforme de leur prise de conscience ainsi que l’irruption sur la scène européenne des grandes querelles du monde islamique, le bouleversement du paysage social et culturel européen qu’elles auront impliquées au dernier quart du XX me siècle ont impulsé un début de réflexion en profondeur quant à la gestion à long terme de l’Islam domestique.

Les vagues d’attentats, qui ont secoué la France pendant deux décennie, la première en 1986-87, en relation avec le conflit irako-iranien, la seconde en 1995 en rapport avec le conflit algérien, ainsi que les récents attentats anti-européens en relation avec le conflit afghan et irakien, qui ont ponctué l’actualité de 2002 à 2004 de Madrid, à Karachi (bus militaire français), en passant par Ankara (consulat britannique) et Marrakech (centre culturel espagnol), en relation avec la traque contre « Al-Qaida » et la Guerre contre l’Irak, viennent rappeler la proximité des deux continents et leur imbrication politique et humaine.

Toutefois, sous l’effet de la précarité économique et de la montée des conservatismes, l’Europe, sous couvert de lutte contre le terrorisme, en particulier la France, a pratiqué depuis un quart de siècle une politique de crispation sécuritaire illustrée par la succession de lois sur l’immigration (lois Debré-Pasqua-Chevènement-Sarkozy-Hortefeux), apparaissant comme l’un des pays européens les plus en pointe dans le combat anti-migratoire, alors même que sa population immigrée a baissé de 9 pour cent en une décennie (1990-1999).

La palme en ce domaine revient incontestablement à Nicolas Sarkozy, auteur de pas moins de onze lois répressives durant son passage au ministère de l’intérieur (2002-2007), soit en moyenne deux lois par an (2). La panoplie s’est enrichie depuis son accession à la présidence de la république d’un dispositif sur le pistage génétique et l’établissement d’un quota administratif équivalant à 25.000 expulsions par an d’étrangers en situation irrégulière.

L’euphorie qui s’est emparée de la France à la suite de la victoire de son équipe multiraciale à la coupe du monde de Football, en Juillet 1998, n’a pas pour autant résolu les lancinants problèmes de la population immigrée, notamment l’ostracisme de fait dont elle est frappée dans sa vie quotidienne, sa sous-employabilité et la discrimination insidieuse dont elle fait l’objet dans les lieux publics, avec les conséquences que comportent une telle marginalisation sociale, l’exclusion économique et, par la déviance qu’elle entraîne, la réclusion carcérale.

Les attentats anti-américains du 11 septembre 2001 ont relancé la xénophobie latente au point que se perçoit lors des grands pics de l’actualité, tel l’attentat de Madrid du 11 mars 2004, une véritable ambiance d’arabophobie et d’islamophobie. Un quart de siècle après la révolution opérée dans le domaine de la communication, dix ans après la communion interraciale du « Mondial 1998 », les Arabes et les Africains demeurent en France des « indigènes », sous-représentés dans la production de l’information, d’une manière générale dans l’industrie du divertissement et de la culture, et d’une manière plus particulière dans les cercles de décision politique pour l’évidente raison qu’ils sont difficilement perçus comme des producteurs de pensées et de programmes, alors que leur performance intellectuelle ne souffre la moindre contestation.

L’importance de la présence arabo-musulmane dans le paysage français, ainsi que la profusion des établissements cultuels et culturels, des médias communautaires et des performances sportives ne s’est en effet pas accompagnée d’une percée qualitative de la communauté immigrée au niveau des postes de responsabilité au sein du pays d’accueil. Avec l’arrivée à maturité de la 3 me génération issue de l’immigration, des “îlots d’excellence” se sont certes constitués dans les domaines du sport, de la chanson, de la littérature, de l’édition, de la mode, mais il n’existe pas de passerelles entre ces individualités à qui fait défaut une conscience collective.

II- L’immigration, la valeur ajoutée de la France tant au niveau de l’ensemble méditerranéen qu’au niveau de l’Europe.
L’intégration suppose une conjonction d’apports et non l’amputation de la matrice identitaire de base.

A l’entame du III ème millénaire, la France souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.

Au douzième rang du hit parade culturel des nations, le français se situe loin derrière le Royaume-Uni (500 millions de locuteurs), l’Espagne (350 millions de locuteurs), de même que l’arabe, 6ème position pour 250 millions de locuteurs contre 120 millions de francophones.

Avec en projection, une amplification de l’écart au long du XXI me siècle au profit de l’anglais, première langue de communication planétaire dans une société de l’information, en second lieu de l’espagnol, qui dispose aux Etats-Unis au cœur du principal centre de production des richesses et des valeurs de l’époque contemporaine, d’un solide pied à terre matérialisé par le tiers d’une population américaine hispanophone adossé de surcroît au sous-continent latino-américain, enfin de l’arabe avec son immense réservoir humain, représenté par une communauté de 1,2 milliards de fidèles musulmans répartie dans 52 pays à travers le monde, potentiellement recyclable linguistiquement et culturellement.

Pis, au cœur de son nouvel espace vital, l’Union Européenne tend à devenir une succursale linguistique de l’OTAN, une organisation que la France a été contrainte de réintégrer militairement dans la foulée de la guerre du Golfe (1990-1991).
Sanctionnant un renversement de tendance sans doute irréversible, l’anglais y supplante désormais le français en tant que langue de travail. 55% pour cent des documents de travail y sont rédigés en anglais contre 40 pour cent il y dix ans et 44 pour cent en Français. A la fondation de l’Union européenne, en 1957, 80 pour cent du travail interne se faisait en français, soit une perte de 50 pour cent en près d’une décennie.

Certes l’adhésion des pays baltiques et de l’Europe centrale à l’Union européenne va réduire la proportion des « basanés » dans l’espace européen, mais le vieillissement prévisible de la population européenne font de la communauté arabo-musulmane l’objet d’un véritable enjeu en raison de son taux de natalité, de son dynamisme et de sa flexibilité salariale.

L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration, française de droit en vertu du nouveau code de la nationalité de 1998, est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’Intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91), le conflit bosniaque (1990-1999), la guerre d’Afghanistan (2001-2002) ou la guerre contre l’Irak (2003).

Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses. Par les solidarités verticales qu’elle pourrait développer avec le pays d’origine et horizontales au niveau européen, elle constituerait la valeur ajoutée de la France tant au niveau de l’ensemble méditerranéen qu’au niveau de l’Europe. Sous réserve toutefois que soient mis en place de nouveaux fondements intégrant l’Islam à son environnement européen et la République au Multiculturalisme. Sous réserve que soit instaurée aussi une sphère consensuelle dépassant une vision xénophobe du monde en négation avec la mission universelle de la France.

Facteur d’intermédiation socioculturelle, les « bougnoules » des temps anciens paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à assumer un nouveau rôle de passerelle de la francophonie entre les deux rives de la Méditerranée, l’avant-garde de « l’arabo-francophonie culturelle » que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.